On ne peut d’abord qu’être interloqué par la plausibilité d’un futur pareil où il faut en venir quotidiennement aux mains pour disposer du peu de ressources disponibles. Le court métrage dépeint aussi une obsession des écrans et d’une réalité virtuelle qui pourrait d’autant plus mal tourner dans un monde où nos instincts primaires seraient réveillés par une survie compromise chaque jour. Notre protagoniste aux traits d’antihéros en vient à perdre la tête, à croire qu’il se trouve dans la vidéo auquel il ne peut plus accéder. Like a Beast nous rappelle ainsi l’amour amer de Her et la résonance de Black Mirror avec la concision de Love, Death and Robots.
Après toutes ces péripéties et ces défaites allant de pair avec la cruauté du monde dont il est la victime, les spectateurices pourraient s’attendre à ce qu’il reproduise cette violence, mais la fin du court métrage pourrait bien leur arracher quelques larmes. Et si même dans un contexte où notre civilisation serait annihilée, où la technologie aurait a priori détruit notre capacité à ressentir de l’empathie, pourrions-nous rebâtir un monde, un renouveau, des relations qui laissent derrière ces mauvais travers virtuels ?