Alors que la sœur aimerait se recueillir, collecter les artefacts de leur lointaine enfance et se remémorer leur mère, le frère, lui, semble pressé d’en terminer avec la vente de cette « maison de merde » où ni lui ni Ashley ne vivent encore. Si ça ne tenait qu’à lui, tout ce capharnaüm – photos, objets, meubles - finirait à la poubelle. Mais alors qu’ils se disputent et se lancent leurs quatre vérités, la maison se réveille, considérant qu’elle a, elle aussi, son mot à dire. Elle refuse d’être laissée seule et ne compte pas laisser partir « ses » enfants. La télévision s’allume pour diffuser un dessin animé de leur enfance, les portes se ferment par magie, les murs et la plomberie « grincent » de plus belle… Puis c’est l’horreur : du sang gicle de la douche, des murs, du plafond, puis le canapé de Maman tente d’« avaler » Ashley.
Avec ce mini-Evil Dead de sept minutes (ce n’est pas un hasard si Sam Raimi est mentionné dans les remerciements), Nicola Florin et Emile Devetter s’interrogent sur le poids du passé, sur son emprise sur le présent. Ils pallient leur manque de moyens par une belle énergie et des mouvements de caméra inventifs.