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Partout la lumière de Pauline Beugnies

Ce n'est pas la première fois que la réalisatrice de Petites (2022), documentaire percutant sur l'affaire Dutroux, ancre son récit dans une des plus grandes métropoles du monde arabe: Le Caire. En effet, Pauline Beugnies, originaire de Charleroi, avait déjà posé ses valises dans la capitale égyptienne pendant cinq ans, entre 2008 et 2013, pour travailler sur des projets filmiques et pour y apprendre l'arabe. Depuis lors, elle entretient un lien intime avec ce pays. Elle a d'abord illustré l'émancipation de la jeunesse égyptienne à travers un webdocumentaire Sout El Shabab (La voix de la jeunesse) pour France Culture en 2012, elle avait photographié cette jeunesse dans son livre Génération Tahrir (2016) et son premier long métrage documentaire, Rester Vivants (2017) raconte l'histoire de quatre jeunes Égyptiens en quête de liberté. En 2020, son premier court-métrage de fiction, Shams, récompensé dans de nombreux festivals, avait déjà été tourné au Caire. Avec Partout la lumière, en compétition au festival Cinémamed, qui se tiendra à Bruxelles du 26 novembre au 4 décembre prochain, elle retourne dans sa ville de prédilection.

Partout la lumière sera projeté au Cinemamed le 28 novembre 2026.

Avec Partout la lumière, Pauline Beugnies raconte l'histoire d'Aurian, un jeune Belge de 27 ans expatrié au Caire, incarné par Léopold Terlinden. Cette histoire, Pauline la connaît puisqu'au même âge, elle-même se perdait dans cette ville d'environ 10 millions d'habitants. Aurian, jeune Européen bien propre sur lui, gravit les échelons dans la boîte dans laquelle il bosse, en passant devant ses collègues Égyptiens en place depuis bien plus longtemps que lui. Alors que tout cela lui semblait normal, Aurian commence à douter et reconsidère les autres autour lorsqu'il fait une rencontre fortuite avec son voisin soufi qui vit sur le toit de son immeuble.

Le film, d'abord plongé dans l'obscurité de la nuit cairote, se parsème progressivement de lumière. Les rayons surgissent, se reflètent, viennent frapper la rétine d'Aurian qui cherche son chemin dans les rues et dans sa vie. Ce contraste de lumière est accentué par la bande son qui oscille entre des bruits sourds, comme étouffés à l'intérieur d'un corps, et ceux de la ville, grouillante, ceux des chants de prière qui résonnent aux quatre coins et qui s'immiscent profondément à l'intérieur. Le film joue sur les contrastes, sur les paradoxes d'un être au diapason avec les paradoxes de la ville qui l'habite/ qu'il habite.

Confronté à lui-même, à ses failles et ses faiblesses, Aurian mène ce voyage intérieur, cette quête initiatique jalonnée de rencontres qui vont considérablement modifier son rapport au monde, aux autres, au temps et à lui-même.