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Rouge de Zoé Arene

Dans cette adaptation pour le moins loup-phoque du Petit Chaperon rouge, Zoé Arene nous brosse un portrait alternatif, féministe et un tantinet queer de ce conte moyenâgeux.

Le film passera les 2 et 4 novembre prochains au Pink Screens.

Première innovation de taille : les personnages brisent le quatrième mur et le narrateur les apostrophe, car iels n’en font qu’à leur tête et ne suivent pas le script traditionnel. Sa voix rauque, éraillée et suave, adopte vite un ton démoniaque face à leurs caprices. Pas de chance : il y a un hic dans le régime alimentaire du loup… Il semble que la jeune femme et la bête à l’allure canine BDSM veulent plutôt s’enfourcher l’une l’autre… Le chaperon rouge est catégorique : ce n’est pas de l’amour ! Elle va encore plus loin dans sa résistance farouche quand le chasseur fait son apparition. Après une atmosphère légère et champêtre, le film devient gore et haletant.

Comment ne pas sentir l’éveil sensuel et vorace de notre part canine à travers ce court ? Tantôt émoustillé·e·s, tantôt effrayé·e·s, les spectateurices de Rouge se délecteront d’une recette explosive de transgression et de réappropriation bienvenue de ce conte vieux d’environ un millénaire. Vous pourrez découvrir que différentes versions passées de l’histoire s’avèrent sombres et empreintes de soumission misogyne. Dans le recueil de versions du 19e et du 20e siècle réalisé par Paul Delarue, la fillette, forcée par le loup, mange la chair et le sang de sa grand-mère avant de se déshabiller pour se coucher avec lui… Dans cette version de 2026, on retrouve une femme pétrie de la force de ses propres désirs, prête à soumettre le loup. Tom Adjibi, acteur hilarant du film Ceci n’est pas un film français, confirme d’ailleurs la richesse de sa palette humoristique.