Avec Syrebrist (littéralement "Manque d'oxygène"), Joachim Weissmann construit un huis clos routier tendu et malin, où la peur naît avant tout de l’incapacité des personnages à réellement se comprendre.
Peu à peu, le spectateur se met lui aussi à interpréter le moindre silence et le moindre regard, entre paranoïa, projections mentales et références aux thrillers américains. “Un mec habillé comme ça, dans une voiture comme celle-ci, on dirait la situation typique d’un film de tueur psychopathe”, lance ainsi le personnage incarné par Mathieu Debaty, également co-scénariste du projet. Face à lui, Amandine Hinnekens apporte une présence plus légère et spontanée, essentielle à l’équilibre du récit.
Dévoilé en janvier au Ramdam Festival puis au Brussels Short Film Festival, où il a électrisé une bonne partie du public présent dans la grande salle de Flagey , ce court confirme surtout la capacité de Joachim Weissmann à installer une tension immédiate. Tourné dans les paysages sauvages du Värmland. À travers cette collaboration belgo-scandinave, le film a subtilement utilisé ses contraintes de production - notamment des partenariats scolaires et touristiques portés par le producteur Alexis Lambert - pour nourrir son atmosphère étrange et immersive. Ce thriller de vingt minutes semble désormais promis à une longue vie en festivals.