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Syrebrist de Joachim Weissmann

La peur monte avec le moteur

Tourné en Suède, ce thriller belge transforme un simple trajet en expérience de malaise particulièrement efficace.

En panne au beau milieu de l'ouest suédois, un couple de touristes belges accepte l’aide d’un automobiliste local. Le doute s’installe pourtant rapidement. Et si cet homme cachait quelque chose ?

Avec Syrebrist (littéralement "Manque d'oxygène"), Joachim Weissmann construit un huis clos routier tendu et malin, où la peur naît avant tout de l’incapacité des personnages à réellement se comprendre.

Peu à peu, le spectateur se met lui aussi à interpréter le moindre silence et le moindre regard, entre paranoïa, projections mentales et références aux thrillers américains. “Un mec habillé comme ça, dans une voiture comme celle-ci, on dirait la situation typique d’un film de tueur psychopathe”, lance ainsi le personnage incarné par Mathieu Debaty, également co-scénariste du projet. Face à lui, Amandine Hinnekens apporte une présence plus légère et spontanée, essentielle à l’équilibre du récit.

Dévoilé en janvier au Ramdam Festival puis au Brussels Short Film Festival, où il a électrisé une bonne partie du public présent dans la grande salle de Flagey , ce court confirme surtout la capacité de Joachim Weissmann à installer une tension immédiate. Tourné dans les paysages sauvages du Värmland. À travers cette collaboration belgo-scandinave, le film a subtilement utilisé ses contraintes de production - notamment des partenariats scolaires et touristiques portés par le producteur Alexis Lambert - pour nourrir son atmosphère étrange et immersive. Ce thriller de vingt minutes semble désormais promis à une longue vie en festivals.