À travers des discussions avec leurs ami·e·s queers, on découvre aussi comment la masculinité assoit souvent l’autorité du système des castes et toutes les croyances qui l’entourent. Un jeune homme de ce groupe décrit la complexité de faire son coming-out en tant que Dalit, la classe des intouchables. Son amie en vient à la conclusion que toute révélation ou mise en avant d’un pan de son identité ou vécu minoritaire réduit irrémédiablement l’individu à cette partie de son être. L’amour en revanche serait selon elle une idée et non une identité. La crise identitaire, définie comme une remise en question permanente de son genre, ne peut donc avoir de fin en soi dans un monde idéal, mais reste une crise bien réelle dans le monde actuel.
En dépit de cet espace sûr, iels ressentent la pression familiale même à distance. Le mariage et la perpétuation de la vie agricole familiale dans leurs terres d’origine demeurent une barrière pour leur émancipation. Comment vivre avec la déception éprouvée par leurs parents par rapport à l’écart entre les projections de ceux-ci et leurs propres désirs ? Comment ces parents éprouvent-ils de l'amour ?