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The Darkest Red de Lino Kafidas

« Les œuvres d'art sont toujours les produits d'un danger couru, d'une expérience menée jusqu'au bout, jusqu'au point où l'homme ne peut plus continuer. » — Rainer Maria Rilke

À écouter le poète, il serait justifiable, acceptable, voire souhaitable, pour un artiste de repousser les frontières pour parfaire son art. Dans The Darkest Red de Lino Kafidas, l’artiste que l’on découvre tapie dans une obscurité inquiétante dès l’ouverture du film, semble s’être approprié ce mantra.

Hommage à Color Me Blood Red (1965), comédie horrifique de série B réalisée par Herschell Gordon Lewis dans lequel un artiste tire le rouge parfait de son sang puis de celui d’autrui, The Darkest Red en reprend l’intrigue. Sauf que de la comédie, il ne reste plus grand-chose dans le court métrage de Lino Kafidas. L’ambiance y est lourde, l’atmosphère sombre et étouffante. Les déambulations de l’artiste, allant du meurtre à la production de l’œuvre, via des projections de rouge sang sur une toile blanche, se font uniquement de nuit, à l’abri des regards.

Et pour marquer encore plus l’environnement poisseux du film, la caméra est à l’épaule et ressemble à s’y méprendre à un film de found footage laissant planer le doute sur la réalité des actes commis. Le travail du son, suintant et organique (quasi ASMR) prend aussi sa part dans la construction de cet univers sombre et crasseux.

En découle un court métrage de 5 min 45 seulement, ce qui suffit aisément pour nous mettre mal à l’aise. The Darkest Red est à découvrir au Razor Reel Festival.