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Venezia Diorama de Nicolas Piret

Dans Venezia Diorama, Nicolas Piret fait de la disparition le principe même de sa mise en scène. Le film adopte la forme d'un carnet de voyage avec onze décors inspirés de cartes postales touristiques qui se succèdent pour dépeindre quelques instants une Venise fragile face aux ingérences humaines et aux aléas du climat.

Chaque mouvement dessiné est photographié, puis gommé et redessiné dans la position suivante. La feuille garde ainsi une empreinte fantomatique des gestes précédents, comme si le décor portait la mémoire de sa propre érosion. Chaque image naît ainsi de la destruction de la précédente. Cela fait écho à cette ville rongée lentement par la mer, le sel et le surtourisme.

Le cinéaste greffe aussi des collages de photographies d'archives sur le dessin. Le papier découpé et fragile évoque l'usure des murs et les marques du sel sur la pierre. Le réalisateur est d’ailleurs passé par l'ERG en bande dessinée avant d'étudier le cinéma d'animation à La Cambre, ce qui lui a permis de développer une certaine hybridité dans son identité visuelle.

Petit détour historique de l’œuvre : Piret a ancré son histoire dans l'effondrement du campanile de Saint-Marc le 14 juillet 1902, documenté par les photographies d'Antonio Zaghis. Reconstruit à l'identique en 1912, l’édifice devient le symbole d'une vulnérabilité durable. Selon le réalisateur, ce drame passé peut se lire comme l'avertissement d'une possible fin à venir.

À travers son art, Nicolas Piret fait naître avec subtilité et délicatesse ce sentiment d’une ville éphémère ne pouvant échapper aux forces de la nature et à un destin presque certain de destruction.