Le premier plan, à la verticale, du point de vue du plafond sur le lit où dort Victor figure déjà les angoisses à venir. La présence récurrente du verre d'eau et des médicaments renforce une atmosphère très anxiogène. À table le silence avec les parents ou peut-être une indifférence à ce que cet enfant vit sous son crâne. Le garçon crache du sang. Vision sombre et cauchemardesque de la schizophrénie, le film met en scène la figure du doppelgänger maléfique, créature littéralement plantée dans la terre et arrosée par Victor et qui finira par l'ensevelir tout entier, visage aux yeux illuminés et machiavéliques. Parabole sur la maladie mentale qui finit par dissoudre les âmes, Victor s'avère assez désespéré. Les tons dans une gamme de gris, les cadrages souvent troublants et les différents gros plans (insecte, regard, bouche ouverte) composent un portrait un peu sinistre de la folie et surtout, mettent en avant la difficulté d'être au monde lorsqu'une personne est en guerre contre elle-même, morcelée jusqu'à sa disparition.
Victor de Robinson Van Hoof
Étrange et angoissant, ce court-métrage d'animation produit au sein des ateliers de La Cambre et présenté au Festival Court Mais Trash de Bruxelles, explore avec délicatesse la détresse et la souffrance d'un garçon souffrant de troubles mentaux. Les dessins sont simples, mais expriment justement les émotions qui traversent le personnage.