White Paradise s’ouvre sur la déclaration intime d’une mère blessée, et se confronte rapidement à l’universalité des questions enfantines sous la plume du décidément très à la mode Peter Handke. Puis, c’est le spectateur qui est confronté, non plus à une idée, mais à un nouveau personnage. Un jeune garçon, en voix-off sera le protagoniste. Il est dessiné à la craie blanche sur tableau noir. Belle idée pour personnifier les questionnements, les peurs, les doutes que peut engendrer l’esprit d’un enfant. Pourquoi ses parents se sont-ils aimés ? Pourquoi ne s’aiment-ils plus ? Pourquoi se disputent-ils à son sujet, eux qui semblent pourtant l’adorer ? Et puis, lorsque l’enfant ne le peut plus, c’est au réalisateur de prendre le relais et de questionner : comment un homme, un père, se transforme-t-il en monstre ? Dans ses dernières minutes, alors qu’un fondu au blanc donne douloureusement corps au paradis du titre, il ne reste que la violence amère des images que l’on a imaginées au-delà de celles montrées. La voix de la mère vient alors clôturer le film dans un ton impensablement apaisé. Et si l’on pouvait – dans un premier temps – questionner l’utilité narrative des images d’archives en ouverture du métrage, il est indéniable que dans sa fin, elles en accentuent la poésie et l’acmé émotionnelle.
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