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Marc Lobet

Marc Lobet

Métier : Réalisateur

Adresse : 43, rue de la Gobie

Ville : 1360 Orbais

Pays : Belgique

Tél : +32 81 65 52 95

GSM : +32 476.271049

Email : Cliquez ici

Galerie photos

Filmographie

Les Ciels de Vincent

Les Ciels de Vincent

Animation
2005
 
C'est moi que je peins

C'est moi que je peins

Animation
1999
 
Avec ma vive et profonde tendresse

Avec ma vive et profonde tendresse

animation
1998
 
Prune des bois/Booskaatje

Prune des bois/Booskaatje

fiction
1981
 
Meurtre à domicile

Meurtre à domicile

Fiction
1981
 
Je, tu, il, elle

Je, tu, il, elle

Fiction
1976
 
La mise en abîme

La mise en abîme

fiction
1974
 

Organismes liés à cette personne

Le déclic...

Marc Lobet

Un coup de baguette magique

C'est à mon grand-père maternel - Victor Geeraerts, patron d'une fonderie plus artisanale qu'industrielle, par ailleurs mon parrain - que je dois non seulement mon amour fou du cinéma mais aussi ma vocation de cinéaste. Il y avait à l'angle de la rue de l'Instruction et de la rue Georges Moreau, à Anderlecht, un marchand de pianos qui affichait, chaque jeudi, le programme du cinéma Midivox près de la gare du Midi. Plus tard, cette salle fut rebaptisée Vox Midi, près d'une autre, l'Orly, boulevard Jamar. C'est au Midivox que je reçu un coup de baguette magique décisif de la fée Cinéma; au moment précis où Harriet Andersson, dans Un été avec Monika de Bergman, fixe brièvement l'ojectif de la caméra et envoie dans la salle des ondes d'un magnétisme fulgurant. Une décennie plus tôt, c'était toute la magie du cinématographe que dispensaient les affichettes hebdomadaires du Midivox. La plupart du temps il s'agissait de films enfants non admis et cela titillait mon imagination de pré-adolescent qui rêvait devant l'image de Ginette Leclerc, la Femme du boulanger, ou celle d'Humphrey Bogart, le détective qui a fait vendre le plus de chapeaux à bords mous et d'imperméables couleur mastic à large col. Souvent, mon parrain m'emmenait à pied, par la chaussée de Mons - en passant devant le Nova et le Lido, ces pures merveilles de cinémas de quartier où j'avais vu et revu, en compagnie de ma petite soeur, l'Adorable Lili avec Leslie Caron - jusqu'à la Bourse, près de laquelle se situaient ses cinémas préférés : le Cinéac Centre, l'Ambassador et le Pathé Palace. C'est dans ces salles divinement obscures que je découvris les héros qui ne me quittèrent plus : Tarzan, Robin des Bois, Laurel et Hardy, Pinocchio, Zorro et tutti quanti. Je me souviens aussi de deux titres, ceux de films d'aventures les plus fortement ancrés dans ma mémoire juvénile grâce à des calicots spectaculaires : le Massacre de Fort Apache, au Kursaal, rue Wayez, et les Conquérants du Nouveau Monde à l'Eldorado, place de Brouckère. Rue de Fiennes, aussi, mon frère et moi assistions, à l'Excelsior, à plus d'une séance du même film, ce qui inquiétait nos parents qui venaient nous rechercher en plein milieu du troisième passage d'Aventures en Birmanie ou de l'Aigle des mers avec Errol Flynn, de Monsieur Vincent ou de Dieu a besoin des hommes avec Pierre Fresnay. Il y a des titres inoubliables liés à des séquences qui hantèrent mes nuits pendant des années : Mabok, l'éléphant du diable, Tarzan et les Amazones, le Narcisse noir, la Bataille de l'eau lourde, Fra Diavolo, la Rivière rouge, etc. Mon grand-père, lui, affectionnait particulièrement Fernandel et Sacha Guitry. En marchant, il me racontait François 1er et le Roman d'un tricheur ou les Perles de la couronne. Il m'a tellement entraîné dans sa passion du rêve, du rire et de l'émotion qu'à quatorze ans je lui ai déclaré, boulevard Anspach, alors que je ne connaissais aucun nom de réalisateur, que j'ignorais quasiment cette profession, la plus excitante du monde : "Parrain, plus tard, je ferai des films." Je sais, ça a l'air un peu bêbête comme ça mais je n'en éprouve aucune honte, au contraire. Voilà. C'est tout simple, c'est la vie et cela me remue à chaque fois que j'y pense.

Marc Lobet