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Olivier Smolders

Olivier Smolders

Métier : Réalisateur

Adresse : 28, rue de Rotterdam

Ville : 4000 Liège

Pays : Belgique

Email : Cliquez ici

Site web : Cliquez ici

Galerie photos

Filmographie

Axolotl

Axolotl

fiction
2018
 
L'accord du pluriel

L'accord du pluriel

documentaire
2017
 
La Légende dorée

La Légende dorée

fiction
2015
 
La Part de l'ombre

La Part de l'ombre

Fiction
2014
 
Voyage autour de ma chambre

Voyage autour de ma chambre

documentaire
2008
 
Nuit Noire

Nuit Noire

Fiction
2005
 
Mort à Vignole

Mort à Vignole

Fiction
1998
 
L'Amateur

L'Amateur

fiction
1997
 
Pensées et visions d'une tête coupée

Pensées et visions d'une tête coupée

Docu-fiction
1992
 
La Philosophie dans le boudoir

La Philosophie dans le boudoir

Fiction
1991
 
Ravissements

Ravissements

Fiction
1991
 
Seuls

Seuls

Documentaire
1989
 
Point de fuite

Point de fuite

fiction
1988
 
Adoration

Adoration

fiction
1987
 
L'Art d'aimer

L'Art d'aimer

fiction
1985
 
Neuvaine

Neuvaine

Fiction
1984
 

Organismes liés à cette personne

Le déclic...

Olivier Smolders

L'ivresse du grain de la pellicule

Calfeutré dans la lourdeur un peu moite d'une petite salle sertie de cercueils mauves et noirs, je me souviens avoir été souvent au bord du vide, à trop vouloir entrer dans les ombres de l'écran. Mon père - je devais avoir quinze ou seize ans - m'entraînait là au milieu de la nuit, moitié pour me faire plaisir, moitié pour n'être pas seul au moment d'affronter les visages défaits des héroïnes de Bergman où les coups de sabre des Samouraï de Kurosawa. Nous y passions des heures sombres et magnifiques, prisonniers d'un plaisir vaguement interdit, à en juger par la désertion progressive des autres spectateurs.
Le Styx, mémorable fleuve de ce petit enfer cinématographique, fut aussi le lieu d'une autre découverte plus nécessaire encore à ce que j'ai tenté de retrouver ensuite : l'ivresse du grain de la pellicule projeté sur un écran. Il suffit que je songe un instant à ce grain, aux formes fragiles qu'il élabore dans le vide, pour que j'oublie aussitôt la pesanteur des procédés de fabrication d'un film ou la naïveté inhérente à sa tentative de représenter le réel. De même, je conçois assez bien qu'on prenne la plume par amour de l'encre et du papier, ou le couteau à cause des chairs qui s'ouvrent et du sang qui glisse sous la lame. Il s'agit moins d'aimer les outils que l'on manie, particulièrement rédhibitoires en matière de cinéma, que la manière dont ils font leur trace dans la vie. Les bateaux eux-mêmes, paraît-il, n'aiment rien tant que l'écume éphémère que fait naître leurs coques en partageant les eaux. C'est pourquoi il convient de préférer encore la chimie à l'électronique, l'aquarelle à l'image de synthèse, le waterzooi aux soaps américains et une voisine de pallier - qui a un grain de beauté sous le mamelon gauche - aux mannequins corrigés par le papier glacé. Le grain, à l'écran comme à la ville, c'est la vie.

Olivier Smolders

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