Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2003
Mots-clés : rencontre,
 

Clic et déclics

Le lundi 17 février, journée de la Communauté française au Festival du Film d'amour à Mons, tout a commencé par une note positive : l'annonce par Henri Ingberg, Secrétaire général de la Communauté française, de la création d'un site CineActeurs.be, (issu d'une collaboration entre Edimedia, l'ASCO, le Centre du Cinéma & de l'Audiovisuel de la Communauté française et Cinergie), un répertoire et un outil de communication destiné à mieux valoriser leur profession et à devenir la vitrine des nombreux comédiens que compte notre pays. L'inscription à cette nouvelle base de données y est gratuite contrairement à certains sites existants. CineActeurs.be permettra non seulement de multiplier les contacts entre professionnels de l'audiovisuel mais surtout, d'être quotidiennement mis à jour en ce qui concerne les données et les photos par le comédien lui-même à partir de son propre ordinateur ou dans un cybercafé.
Un clic, un comédien qui dit mieux !
Vous pouvez donc dès à présent envoyer vos coordonnées à Frédéric Cobaux à edimedia@skynet.be pour vous inscrire dans la banque de données et vous serez tenu au courant de son évolution.
La mise en ligne du site est prévue pour juin 2003.Des liens avec les gros plans et les articles de Cinergie. be sont envisagés de même avec Bobines que publie Le Moniteur du film et que le webzine de Cinergie.be met en ligne mensuellement et archive sur son site.
Seconde information importante : le dossier du « Tax-Shelter » pourrait se débloquer avant les prochaines élections. Troisième info agréable : le vote du décret sur l'audiovisuel fixant les exigences des chaînes de télévision à l'égard des producteurs.
 Mais ceci n'était que le hors-d'oeuvre d'une journée placée sous les revendications des professionnels face aux pouvoirs publics. Le communiqué rédigé par ceux-ci et lu par Olivier Gourmet, lors de la soirée organisée par la Communauté française, en leur nom étant le plat de résistance. Qu'ajouter à ces propos lorsqu'on constate la pauvreté de moyens -l'habituelle débrouillardise dont fait preuve notre cinéma ne suffit plus- auxquels sont confrontés des créateurs de plus en plus nombreux dans une branche - l'audiovisuel -- dont l'avenir dans notre société de l'image n'est plus à démontrer.
Voici le final du texte lu par Olivier Gourmet, entouré sur scène par de nombreux réalisateurs et producteurs : «Oseriez-vous avouer que le montant de l'aide au cinéma de la Communauté française est l'un des plus faibles d'Europe ? Il est égal à celui de la Suisse Romande, qui compte moins d'un million et demi d'habitants.
Pourquoi ne prenez-vous aucune mesure pour augmenter ce budget ? Vous savez que des moyens existent (tels que la taxe sur la billeterie, les cablo-distributeurs, une saine ventilation des recettes du Lotto) mais vous semblez ne pas avoir la volonté de les mettre en oeuvre. Vous faites des promesses, des effets d'annonce, vous vous plaignez des difficultés institutionnelles, mais des décisions, des actes, il n'y en a point ou si peu.
Nous sommes conscients que trouver des moyens pour refinancer notre Centre du Cinéma demande de l'imagination, de l'acharnement, du courage. Si l'un ou l'autre d'entre vous ou plusieurs pouvaient être convaincus que se battre pour augmenter l'aide au cinéma en vaut la peine, soyez certains que toutes les organisations professionnelles et les 6.000 travailleurs du cinéma de notre communauté (comédiens, techniciens, prestataires de services, laboratoires, studios, maisons de production, auteurs et réalisateurs) se battront avec vous. 
»
La journée se terminant de façon grotesque lors de la remise annuelle des Coqs d'or. Le jury s'étant abstenu d'attribuer le trophée destiné à un critique de cinéma belge sous le prétexte hilarant que la presse ne fait pas son boulot. Or, jamais depuis ces dernières années la presse écrite pour ne citer que Le Soir, La Libre Belgique, Le Vif/L'express, etc. n'ont tant parlé d'un cinéma belge qui, il y a cinq ans, était absent de leurs colonnes. Cette gifle inutile qui leur fut renvoyée comme il se doit, séance tenante, par Luc Honorez, lauréat du prix Coq 1993, lequel n'hésita pas à monter sur scène à remettre son trophée à des organisateurs qui s'étaient - soyons gentils - trompé de cible. La critique de cinéma n'est pas du marketing. Or, dans le monde des sorties en salles ou certains « blockbusters » américains disposent de trente copies et donc d'autant d'écrans sur l'ensemble du territoire belge, il est indispensable de promouvoir un film au-delà de ce qu'en dit la presse écrite. Il existe des spots audiovisuels que le service public réserve à ses propres coproductions, des avant-premières, bref, tout un travail d'animation que certains producteurs ou distributeurs ne font pas, faute d'argent j'imagine. Ne peux-t-on concevoir que les chaînes de télévision aient un cahier de charge leur permettant de faire une promotion efficace, c'est-à-dire visible. Et ce, dès le tournage d'un film. Le cinéma américain fait parler de ses films en publiant de multiples échos (presse people, émissions de talk show dans les médias du monde entier). Pourquoi ne verraient-on pas une comédienne, un comédien voire un réalisateur dans un talk show au moment du montage du film pour annoncer au public que celui-ci existe et qu'on pourra bientôt le découvrir dans les salles.
Sans stratégie promotionnelle cohérente le pire est à craindre pour les producteurs et les distributeurs : que les exploitants de salles -- et c'est possible grâce à la diffusion numérique haute définition qui risque de supplanter d'ici peu l'argentique - deviennent des presse boutons informatiques dont les programmes seront distribués par les majors américaines selon leurs intérêts.
Ce dont manque le cinéma belge c'est moins de textes dans la presse écrite (ils paraissent tous les mercredis et même davantage dans les pages culturelles de nos quotidiens, hebdomadaires ou mensuels) que d'une image dans le public qui attire celui-ci dans les salles programmant des films belges. Et une image ça se ne se construit pas en tirant à côté de la cible.
Les autres Prix Coq ont été attribués aux organisateurs du Festival du court métrage de Bruxelles « Oh ce court » ( Céline Masset, Pascal Hologne et Frédéric Génicot), et celui de l'exploitation à Jan Declerq et à Alexander Vandeputte qui dirigent le cinéma Lumière à Bruges.

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