Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/05/2001
Mots-clés : comédien, rencontre,
 

Gilles Cuvelier à Clermont-Ferrand

28ème Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand

Le palmarès des belges
 Voilà 3 années que La Boîte… Productions dirigée par Arnaud Demuynck trouve le chemin de la sélection nationale du Festival grâce à l’apport non négligeable des coproductions françaises. 3 années et 3 succès. En 2004, Le Portefeuille de Vincent Bierrewaerts était couronné du Prix de la Meilleure Animation, tout comme Signes de Vie d’Arnaud Demuynck l’année dernière. Cette fois-ci, Chahut est honoré à 2 reprises.

 

 C : Surpris de recevoir le Prix du Jury Jeunes ?
Gilles Cuvelier : Ce fut une très bonne et très inattendue surprise. Chahut est un film lent. Malgré sa courte durée, il prend son temps, il y a peu d'action, il n'est pas spécialement drôle non plus. Bref, je pensais que cela irait à un film beaucoup plus rythmé ou de genre. Et puis en discutant avec le Jury Jeunes, je me suis aperçu qu'il avait compris mes choix, que son "exotisme" lui avait plu et qu'il trouvait le film optimiste, tel que je le voulais.

 C : Avais-tu pensé au public lors de l’écriture ?
G.C.: En fait, je l’ai vraiment conçu pour moi. En écrivant l'histoire, j'essayais de me surprendre moi-même, je développais le récit petit à petit sans savoir ce qui allait se passer. Je n'ai jamais pensé au public éventuel mais ce genre de question s'est quand même posé quand il s'agissait de présenter le film dans les diverses commissions de financement. Il est rempli de codes propres au carnaval et je n'en donne jamais d'explication mais finalement je suis resté fidèle à la première et unique version du film en assumant cette part d'incompréhension que peut ressentir le public.

 C : A cela s’ajoute le Prix de la Meilleure Création sonore. Le film étant sans parole comment as-tu imaginé l’interaction image-son ?
G.C.: Pendant l'écriture du film, j'écoutais une petite sélection de musiques et de chansons qui m'aidaient à me mettre en condition. J'ai écarté rapidement l'idée d'une musique illustrative qui irait à l'encontre de l'idée du film. Chaque son du film, chaque musique est intra-diégétique, c'est-à-dire que toute la bande son du film est "entendue" par le personnage. Le problème était donc de donner une présence à une ville déserte sans utiliser l'artifice de la musique illustrative. Fred Meert, l'ingénieur du son, a dû créer un univers sonore déshumanisé dans lequel se retrouve le héros du film. Malgré les apparences, il n'y a pas un seul silence et chaque plan possède sa propre ambiance sonore. Quant à la musique, écrite par Michel De Rudder, c'est un air pour petite fanfare, aux accents mélancoliques, loin des rythmes "militaires" du début de film. Le personnage poursuivra, littéralement, ce thème jusqu'au dénouement de l'histoire. Comme les sirènes attirant Ulysse et ses compagnons, c'est la musique qui guidera le carnavaleux jusqu'à la mer.

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