Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/04/1999
Mots-clés : critique de cinéma
 

Mordbüro de Lionel Kopp

La tragédie des bourreauxMordbüro de Lionel Kopp
Présenté au Nova dans la section "7ème parallèle" du Festival international du Film Fantastique de Bruxelles, Mordbüro est le premier long métrage de Lionel Kopp. Ce dernier aborde sur le tard la réalisation après des expériences de comédien, de producteur, notamment des Films d'Ossang, avec à son actif Le Trésor des îles chiennes et Docteur Chance, et de propriétaire d'un laboratoire qu'il qualifie de lieu de recherche et où ont été développées notamment, des pubs de Lynch, Mondino, Goude et Fincher. 
Après quatre court métrages, il réalise ici un film qui constitue un curieux mélange de genres : un polar noir traité par l'absurde et à l'atmosphère kafkaïenne. Une tentative attachante, à laquelle ont participé deux maisons de production bruxelloises : Image Création et les Films de l'Étang. L'occasion d'un arrêt sur image et d'une rencontre avec le réalisateur.

L'histoire
Dans une ville où pourrissement, corruption, trafics et malversations créent un univers trouble, des "honnêtes citoyens" s'associent dans une organisation de justice immanente. Toute personne lésée par la justice d'État peut faire part de ses doléances au Mordbüro. Celui-ci fait une enquête au terme de laquelle l'accusé peut se voir enlever et exécuter après un simulacre de procès. Hommes d'affaires véreux, avocats corrompus, petits truands en cheville avec la police sont le lot quotidien des membres anonymes du Mordbüro. Mais à l'occasion d'une de ces affaires, ils s'apercevront à leurs dépens que l'organisation d'une justice impartiale n'est pas plus compatible avec leurs méthodes qu'avec les tribunaux officiels. Dès lors, leur machinerie se retournera contre eux.
Lionel Kopp nous plonge dans un univers paranoïde que les extérieurs tournés à Sofia permettent de rendre de manière saisissante. La référence à Kafka et aux cultures renfermées de l'Europe centrale est omniprésente, mais pour traiter de thèmes bien de chez nous: la nécrose du tissu social avec ses corollaires: perte des références morales, corruption, poujadisme. Kopp a réservé à son film un traitement technique somptueux qui fait penser aux univers de Jeunet et Caro (dont il est fan) et de F.-J. Ossang, mais il ne connaît pas le même succès au plan narratif. Ne sachant pas très bien s'il doit situer son histoire sur le plan de l'humour absurde, du film noir ou du grand guignol, il fait un peu tout en même temps, ce qui donne un film confus où le spectateur a du mal à trouver ses repères. C'est dommage car il y avait plein de bonnes idées et des comédiens formidables (Philippe Clevenot, Ornella Muti, Patrick Catalifo).

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