Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2005
Mots-clés : producteur,
 

Valérie Lienardy

Valérie Lienardy est comme Janus (à double face), à la fois timide et décidée, apparemment fragile, mais soutenue par une volonté de fer. Elle nous parle des blessures intimes de l’adolescence avec une mélancolie et un sens de l’ellipse particulier. Le Grand Vent, son second court métrage sélectionné au Festival de Cannes 2005, est à son image. Vous pourrez le découvrir le samedi 26 novembre dans Tout Court, l’émission de Renaud Gilles sur ladeux/RTBF. 

Valérie Liénardy, réalisatriceLes premiers films qui l’ont impressionnée sont ceux de Claude Sautet qu’elle allait voir en salles avec sa mère. Celle-ci aimant particulièrement le jeu d'Yves Montand et de Romy Schneider. « A cette époque, le cinéma était une distraction, j’habitais la campagne et j’ai découvert le cinéma grâce à la télé ».

Adolescente, elle se joint à des copines pour visionner des films en K7 vidéo. A 18 ans, elle séjourne à Madrid pendant un an. « C’est à ce moment-là que j’ai décidé de m’exprimer par le biais du cinéma ». Elle absorbe quantité de films à la Filmoteca de Madrid. Elle y découvre notamment les films d’Agnès Varda, d’Almodovar, de Tati.

Rentrée en Belgique trop tard pour pouvoir passer les examens d’entrée de l’INSAS, elle s’inscrit à l’INRACI.

« Je trouvais que c’était une bonne école quoique très technique, ce qui était loin d’être évident pour moi qui avais toujours suivi des études littéraires. A cette époque, les cours de scénario étaient inexistants. Par contre, c’était l’époque de la débrouille et on apprenait à gérer efficacement le domaine qu’on aimait particulièrement. »

Elle s’arrange pour mener à bien la réalisation. « L’image m’intéresse. Je peux utiliser une caméra, mais ce n’est pas ce que je vais le mieux réussir. Donc, je préfère laisser le poste à quelqu’un qui est vraiment doué. Par contre, le montage me passionne. Celui-ci est une réécriture par rapport aux étapes du scénario et du tournage. J’ai pu le vérifier encore dernièrement avec Le Grand Vent. J’avais découpé certaines scènes que la monteuse m’a suggéré de garder en plan-séquence. Elle avait raison. Le montage apporte des surprises, une énergie nouvelle. On se rend compte qu’on peut mettre en forme, à partir de la matière filmique, des choses qu’on avait pas imaginées ».

Papier glacé, son premier court métrage de 13 minutes, film de fin d’études à l’INRACI, conte l’histoire d’une jeune femme qui est mal dans sa peau et dont personne ne semble se soucier. Elle découvre, via le petit écran, un Top Model dont l’aura la fascine et qui vante les mérites d’un masque de beauté révolutionnaire. « C’est un peu rigolo. Elle rêve de la vie du mannequin qui semble avoir tout pour elle, la gloire, l’amour et le glamour. Cela reste un bon souvenir. C’est un film qui a été vite écrit, réalisé et monté. »

Le mal être, la solitude, le deuil semblent donc bien ses thèmes de prédilection. Sélectionné dans de nombreux festivals, Papier glacé enthousiasme Anthony Rey qui décide de produire le second court métrage de Valérie Lienardy chez Hélicotronc, une maison de production qu’il vient de créer.

Le Grand Vent est un film très découpé. L’idée étant de montrer à l’image la solitude dans laquelle est plongé Antoine, un adolescent qui vient de perdre son frère. « Tout a été préparé au niveau du découpage avec Antoine Duquesne, le chef op. du film pour renforcer cette idée. J’ai dessiné un storyboard où chaque plan détaillait avec précision la taille du plan, l’axe de la caméra, etc. pour que tout soit clair avec l’équipe technique. Le tournage a parfois modifié cette ordonnance. La scène où Antoine doit s’enfuir a été tournée dans la pénombre d’une lumière entre chien et loup plutôt que la nuit. Cela nous a semblé plus intéressant lors du tournage.»

Pierre Boulanger, qui interprète Antoine, a été découvert via Internet. Après avoir fait académies, conservatoires et diverses agences de castingValérie Lienardy a surfé sur le castingen ligne et y a découvert l’interprète d’Antoine. « Il avait une douceur dans le regard qui fait que j’ai flashé sur lui. J’ai joint son agence et l’ai rencontré à Paris avec Antoine Duquesne et on s’est dit : c’est lui ! »

En ce moment, Valérie Lienardy en est au stade de l’écriture des premières séquences d’un long métrage.

 

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