Filmer les silences, c’était filmer l’invisible – ce qui reste quand tout a été détruit
En 2014, le monde découvre le génocide perpétré par Daech contre les yézidis, cette communauté kurdophone aux racines millénaires, déjà marquée par des siècles de persécutions. Mais que reste-t-il, une fois les caméras parties et les projecteurs éteints ? Dans son film Rashid, l’enfant de Sinjar, la réalisatrice Jasna Krajinovic choisit de filmer l’invisible : les silences, les traumatismes enfouis, et la résilience fragile d’un peuple en sursis. À travers le parcours de Rashid, enlevé à huit ans et forcé de renier sa langue et sa foi, c’est toute la tragédie des survivants de génocide qui se révèle – entre l’impossible retour à une vie normale et l’exil comme seule issue. Rencontre avec une cinéaste qui, en donnant la parole à un enfant, interroge notre devoir de mémoire et l’urgence de préserver ce qui reste d’une culture au bord de l’effacement.









