Quand les scénaristes belges prennent le temps de réfléchir
Chaque mois à Bruxelles, l’Association des Scénaristes crée un espace rare : celui où l’on interroge collectivement les pratiques et l’avenir du métier.

Chaque mois à Bruxelles, l’Association des Scénaristes crée un espace rare : celui où l’on interroge collectivement les pratiques et l’avenir du métier.

Dans un paysage audiovisuel redessiné depuis plus d’une décennie par l’essor des séries, les Mardis de l’ASA se sont imposés comme un rendez-vous aussi régulier qu’incontournable pour les scénaristes belges francophones. Organisées principalement dans les locaux de la SABAM et à la Maison européenne des auteurs et autrices (MEDAA), ces rencontres mensuelles abordent — sans jargon ni faux-semblants — les enjeux concrets de l’écriture. Les thèmes vont du montage à l’adaptation, en passant par la diffusion internationale, l’écologie, l’intelligence artificielle, les jeux vidéo ou encore l’écriture sérielle. Dans un secteur souvent soumis à l’urgence et à l’éparpillement, avoir su créer un tel espace de réflexion collective relève presque de l’exception.
À raison d’un rendez-vous par mois, le cycle témoigne d’une ambition portée par une équipe largement bénévole. Au fil des séances, les Mardis de l’ASA ont accueilli des figures reconnues du secteur, comme Michiel Blanchart, Frédéric Castadot, Benjamin d’Aoust, Georges Huercano ou Laura Wandel, favorisant des échanges directs entre auteurs, réalisateurs, producteurs et professionnels de la filière.
Ce mardi 20 janvier, la rencontre Écrire juste : se documenter conviait Arnaud Dufeys, co-scénariste et co-réalisateur de On vous croit. Modérée par Camille Didion, la discussion a rappelé une évidence souvent mal comprise : loin de contraindre la fiction, la documentation peut en renforcer la justesse et la portée, à condition de rester au service du récit.
Aujourd’hui coprésidée par Matthieu Frances et Chloé Devicq, et appuyée sur un conseil d’administration de douze membres, l’ASA déploie parallèlement formations, ateliers et podcast (No Spoiler). Les Mardis s’inscrivent ainsi dans un ensemble plus large d’initiatives qui témoignent d’un dynamisme certain. Un espace de réflexion devenu précieux, à l’heure où penser l’écriture est aussi une manière de préserver le métier sur la durée.