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William Cliff, un poète, un film

Publié le 12/12/2019 / Catégorie: Brève

Cette année, à la Maison de la Francité, le cycle de films sur l’art proposé invite ceux qui se racontent avec les mots : romanciers, nouvellistes, traducteurs, conteurs, essayistes… Beaucoup de ceux qui restent sur la pellicule ne sont hélas plus, et depuis le début de la saison, Fenêtre sur doc a pu faire revivre une parole éteinte, celle d’André Masson ou encore de Grisélidis Réal.

 

William Cliff, un poète, un film

Quelle chance quand l’auteur est encore là non seulement pour écrire mais aussi pour dire, pour témoigner, et quelle chance encore lorsque celui qui l’a connu et filmé se joint à la fête.

Poète belge de langue française, né à Gembloux en 1940, William Cliff a fait ses études de Philosophie et Lettres à Louvain. Il débarque en poésie à l’âge de 30 ans avec un recueil qui fait date, Homa Sum (1973) découvert par Raymond Queneau qui le publie chez Gallimard. C’est la consécration pour ce poète écorché vif, désespéré et romantique que l’on compare pour le climat de sexualité exacerbée à Baudelaire, à Verlaine et à Rimbaud. Cliff revendique son homosexualité et nombre de ses poèmes sont inspirés de ses aventures charnelles, réelles ou fantasmées. Il reçoit le Goncourt de la poésie en 2015.

Gérard Preszow, réalisateur, passionné d’art, de littérature et de poésie, tente, avec sa caméra, de faire entendre la poésie de William Cliff. Le film condense l’image autour du poète pour en faire jaillir cette poésie si charnue, de souffle et de rocaille, cette langue aussi familière que insoupçonnée. Cliff y lit ses propres textes. Dans un premier temps, autobiographique, il se raconte ; dans un second temps, biographique, il raconte un ami écrivain, Conrad Detrez, mort du sida. Entre-temps, la poésie aura voyagé sur d’autres bouches, par la chanson (Arno a mis en musique l’un des poèmes et le chante), par des traducteurs qui disent des fragments dans leur langue (arabe, yiddish, espagnol, catalan, flamand), par un enfant qui récite de mémoire, par une traductrice gestuelle qui alterne silences et bruits de corps. Par la destruction physique du livre, enfin : le passage au pilon est un autodafé autorisé par les lois du marché. Tandis que cette voix de rimes, d’allitérations et de vers nous sera devenue naturelle…

 

Fenêtre sur Doc : William Cliff, poète, de Gérard Preszow , 1997, 36’. 

En présence du réalisateur et du poète

20/12/2019 à 12h30 à la Maison de la Francité, 18, rue Joseph II à 1000 Bruxelles. (2€ - 6€ avec sandwich, uniquement sous réservation : info@cinergie.be)

 

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