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À bas le soleil de Lucien Lepoutre

Dans À bas le soleil, Lucien Lepoutre nous fait découvrir la réalité douce-amère de Nora, danseuse talentueuse de 25 ans, sur le point de perdre totalement la vue, ses yeux lui causant déjà une sensation de brûlure. Les images stroboscopiques des lumières aveuglantes traduisent la réalité bouleversée par cette transition progressive. L’attention apportée à la lumière dans les plans forme aussi une représentation lucide de son désir de voir ces dernières bribes de lueur. La voix off de Nora nous transmet des métaphores empreintes de poésie où des taches de soleil glissent sur ses doigts. Tous des signes, des sensations qu’elle veut tatouer sur sa peau.


Le court-métrage débute avec sa danse qu’elle mène en compagnie de son groupe : haletante, entêtante, mais terminant par une malheureuse chute qui la ramène à sa nouvelle pathologie. Dépitée, mais optimiste, elle décide de rencontrer un groupe de sportifs malvoyants qui lui permettent de s’accepter dans cette vie où des périls pressants la guettent, où les voitures et passants deviennent des dangers imminents. Elle les observe d’abord, puis ses coéquipiers la forment à aiguiser ses perceptions motrices dans leur espace de jeu, à tâter littéralement le terrain. Ils vont même jusqu’à devenir ses musiciens l’accompagnant dans sa danse.

Les handicaps invisibles représentent 80% de ces désavantages. Comme de nombreux psychothérapeutes l’avancent à travers le monde, l’environnement doit s’adapter aux individus neurodivergents et non l’inverse, étant donné l’importance de l’hétérogénéité humaine pour son développement. Ne pourrait-on élargir le spectre de cette conclusion à l’ensemble des troubles invisibles ? Qu’à cela ne tienne, la mise en scène et la scénographie de Lucien Lepoutre transposent à merveille cette difficulté et cette ténacité à embrasser ce quotidien.