Le court-métrage débute avec sa danse qu’elle mène en compagnie de son groupe : haletante, entêtante, mais terminant par une malheureuse chute qui la ramène à sa nouvelle pathologie. Dépitée, mais optimiste, elle décide de rencontrer un groupe de sportifs malvoyants qui lui permettent de s’accepter dans cette vie où des périls pressants la guettent, où les voitures et passants deviennent des dangers imminents. Elle les observe d’abord, puis ses coéquipiers la forment à aiguiser ses perceptions motrices dans leur espace de jeu, à tâter littéralement le terrain. Ils vont même jusqu’à devenir ses musiciens l’accompagnant dans sa danse.
Les handicaps invisibles représentent 80% de ces désavantages. Comme de nombreux psychothérapeutes l’avancent à travers le monde, l’environnement doit s’adapter aux individus neurodivergents et non l’inverse, étant donné l’importance de l’hétérogénéité humaine pour son développement. Ne pourrait-on élargir le spectre de cette conclusion à l’ensemble des troubles invisibles ? Qu’à cela ne tienne, la mise en scène et la scénographie de Lucien Lepoutre transposent à merveille cette difficulté et cette ténacité à embrasser ce quotidien.