C’est ce qu’a fait le personnage imaginé par la jeune réalisatrice Gwenaëlle De
Ville, diplômée du RITCS, Royal Institute for Theatre, Cinema & Sound.
Charli, il doit avoir une trentaine d’années, un grand échalas aux joues roses qui a le cœur en
miettes. Il claque la porte du passé pour s’isoler dans un petit chalet là-haut dans la montagne
et ne plus rien ressentir du tout. Jamais.
Dix ans plus tard, on retrouve Charli, une belle barbe de montagnard, qui coupe religieusement
ses bûches. Endroit idyllique. Mais, les moutons de Charli lui mettent un peu la misère. Le
troupeau ressemble plus à une bande d’ados qui préfèrent zoner sur leur téléphone ou faire la
fête jusqu’à pas d’heure... Et un jour, y a un loup qui se pointe. Comme ça. Sans crier gare. Et
cette rencontre va bouleverser la petite vie tranquille de Charli.
Lauréat du prix Cinergie au dernier festival Anima, ce film séduit pour son histoire universelle.
On apprend pourtant aux enfants à ne pas refouler leurs émotions... Mais, c’est parfois plus
simple que d’affronter la réalité. Il séduit aussi pour sa simplicité graphique mais drôlement
efficace. Charli est super attachant, on a vraiment très envie d’être son pote. Avec quelques
traits, la réalisatrice parvient à lui faire exprimer une belle palette d’émotions. On souligne
aussi la bande son qui oscille entre voix off, très bien choisie du narrateur omniscient, et les
interventions de Charli. Bref, Charli & the Wolf, c’est un film d’une simplicité joyeuse qui
parle pourtant des petits malheurs de tout un chacun.