Comment embrasser sans se ridiculiser ? Voilà la question que tous les adolescents de 10 à 90 ans se posent un jour, voire tout au cours de la vie. Quels sont les secrets de cet organe aussi gras que mystérieux, et pourtant si fascinant… la langue ?... Ces questions angoissent Camille au point de provoquer des saignements de nez. Il s’agit donc pour lui de se préparer au baiser rêvé, en observant, en se documentant, en regardant des tutoriels en ligne… Pas de chance, le jeune ado est filmé à son insu par un de ses camarades de classe, en train de s’exercer sur un miroir. La vidéo est partagée et Camille devient la risée de sa classe.
Si les programmateurs du BIFFF prennent toujours soin d’étendre la définition de « film de genre » au maximum, en incluant différents sous-genres et en ratissant large, il faut bien avouer que l’argument fantastique de Cœur gras est mince : Camille rêve qu’il trouve un coffret sur une plage avec à l’intérieur une langue coupée, grosse et vivante. La dimension fantastique repose davantage dans le style éthéré, dans la musique douce, dans l’ambiance onirique des scènes situées sur la plage et dans le sens du cadrage, qui créent un petit film aussi singulier qu’attachant. Car en fin de compte, Cœur gras montre surtout la tendresse entre un garçon et une fille de 12 ans qui savent qu’ils ne savent pas encore tout. Et fait le portrait touchant d’un enfant déjà malmené par la vie, mais encore innocent et naïf, encore largement épargné par le cynisme ambiant et l’effet de meute.