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Il faudra bien que quelqu’un le fasse de Arnaud Christien

Dans Il faudra bien que quelqu’un le fasse, Paul Jésus, assassin en herbe, braque son viseur sur Samuel, politicien de renom belge de tendance libérale. Le politique est clair : pour réussir dans son domaine, il faut travailler, ne pas se reposer sur ses lauriers sans virer à gauche. Paul Jésus est anxieux par ce monde dépourvu de solidarité. Il est peut-être l’incarnation d’une jeunesse désœuvrée face au retour en puissance d’une droite impitoyable et liberticide.


Selon son ennemi, la politique ne fait pas du cas par cas à l’échelle nationale et ne peut miser sur une politique d’assistanat. La démocratie aurait parlé. Les antifas, les protrans et les islamogauchistes polariseraient la société. La conseillère de Samuel voue un culte à l’image qu’il doit représenter, une vision de l’avenir fraîche et prometteuse. En politique, l’habit devrait ici faire le moine. Quant au journaliste, il représente peut-être un sarcasme et une spontanéité engoncés dans l’aberration que le divertissement télévisuel de masse peut créer pour nous sauver du vide ou nous y engouffrer.

L’humour décapant de ce court-métrage satyrique touche en plein dans le mille, car il représente en lui-même un antidote à ce désespoir, au manque de sens qui caractérise un système politique qui nous dépasse, et nous désabuse. Une politique dans un monde occidental conditionné à être binaire, à être polarisé, à devoir rassembler et opposer. Le film nous invite peut-être aussi à entrevoir un questionnement bien plus sordide : le meurtre d’une figure politique peut-il faire office d’acte de résistance symbolique ?