Couverture de l'article La Mue ou Metamorphosis d’Élodie Lebrun

La Mue ou Metamorphosis d’Élodie Lebrun

Récompensé par le prix du court métrage La Trois au BIFFF 2025, La Mue ou Metamorphosis d’Élodie Lebrun confirme un univers fort et singulier. Son prochain court métrage, Sans visage, a d’ailleurs été sélectionné au Young Filmmakers Festival des Riches-Claires fin mars 2026, en attendant une review annoncée sur Cinergie. À noter également qu’un jury Cinergie se réunira le samedi 11 avril au BIFFF pour la compétition des courts métrages belges de cette édition.

La Mue est un court métrage anxiogène et horrifique qui marque dès son ouverture. Le film débute sur une scène particulièrement choquante : une femme étouffe sous un plastique. Elle se réveille, mais quelque chose a changé. Ses cheveux tombent, et l’angoisse s’installe immédiatement. Le film plonge ensuite son héroïne dans un quotidien oppressant. Dans un métro sombre, les sons semblent amplifiés, déformés, presque irréels, renforçant une sensation constante d’enfermement. La photographie, dominée par des tons verts, accentue ce malaise. En cinéma, cette couleur évoque souvent l’étrangeté ou la contamination, et participe ici pleinement au côté glauque et à la noirceur du récit. Derrière cette ambiance pesante, le film évoque une vie subie. Métro, boulot, dodo : un quotidien vidé de sens, accentué par la pression professionnelle. L’attitude de sa cheffe, interprétée avec justesse par Astrid Wetthnal, renforce ce sentiment d’écrasement et de mal-être. Le titre prend tout son sens dès les premières minutes à travers un reportage évoquant la mue des serpents et leur capacité de régénération. Cette idée de transformation devient centrale lorsque le film bascule dans le surnaturel. Face au miroir, l’héroïne découvre qu’elle a changé, au point de ne plus être reconnue. C’est un moment clé où elle prend conscience de son nouvel état. Dans sa dernière partie, le film évolue vers quelque chose de plus apaisé. Le retour à la nature et au cadre familial apporte une forme de calme, presque réparateur. L’environnement sonore s’adoucit, les décors s’ouvrent, et les couleurs deviennent plus chaudes, tirant vers le rouge, accompagnant l’évolution du personnage. Le film se conclut sur une apothéose marquée par une touche de gore, avant de laisser place à une morale plus profonde qu’il n’y paraît. Une intrigue captivante, dérangeante, et finalement plus nuancée qu’elle n’en a l’air au premier abord.

Prochaine étape pour les férus de cinéma de genre belge : la compétition des courts-métrages belges du BIFFF 2026, un rendez-vous attendu qui mettra une nouvelle fois en lumière la vitalité et la diversité de la scène fantastique belge.

https://www.bifff.net/competition/belgian-short-films-competition/