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Le Casting de Camille Britte

Le cinéma vu par une marionnette

En moins de trois minutes, cette petite pépite d’animation belge détourne avec humour les codes du casting et du monde audiovisuel.


Benjamin semble stressé avant son tout premier casting. Il faut dire que l’exercice a quelque chose d’intimidant. Mais l’audition dérape rapidement vers une succession de remarques absurdes et humiliantes. Particularité : Benjamin est une marionnette. Avec Le Casting, Camille Britte signe un court-métrage d’animation aussi drôle qu’inventif, qui joue intelligemment avec les rapports de pouvoir et le regard parfois déshumanisant porté sur les interprètes.

Présenté au Brussels Short Film Festival après avoir remporté le Prix du meilleur court-métrage estudiantin au Festival Anima, le film impressionne immédiatement par la simplicité brillante de son idée de départ et son efficacité redoutable. En quelques minutes à peine, la jeune réalisatrice parvient à créer un vrai malaise, tout en multipliant les détails absurdes autour de cette pauvre marionnette incapable de “tenir debout” seule. La voix d’Axel Capite apporte énormément au personnage principal, à la fois drôle, pathétique et profondément attachant, entre fragilité, naïveté et envie désespérée d’être accepté.

Étudiante en animation à La Cambre après une formation en cinématographie à l’HELB, Camille Britte confirme ici un vrai sens du rythme et de l’observation. Derrière l’humour du dispositif, Le Casting parle aussi très justement de domination, de précarité et de la manière dont le cinéma transforme parfois les interprètes en objets. Produit par l’atelier de production de La Cambre avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce petit film de moins de trois minutes fait incontestablement partie des jolies surprises animées belges de l’année.