Somme toute, malgré tout ce conditionnement social fort présent, Lauryne et Nahel semblent tellement passionné·e·s et enjoué·e·s par ce sport qu’il serait difficile de n’y voir qu’une propension au surmenage, à l’affrontement ou à un égo hypertrophié. Lauryne pleure et fait des crises de panique avant une compétition et s’effondre par la suite, peu satisfaite de sa performance. Nahel semble aussi peu enclin à apprécier son score. Son coach lui assure qu’il fait partie des gagnants et ne peut se satisfaire d’une médaille d’argent.
Il est aussi troublant et éclairant de constater la façon dont les deux sexes se comportent face au même défi : avant celui-ci, elles se supportent avant la compétition et ils se toisent ; après l’effort, Lauryne se fait cajoler et Nahel fait des accolades indifférentes, déçues à ses camarades. Alors, peut-il exister une pratique sportive valorisant et protégeant les garçons comme les filles sans les épuiser et les cloitrer dans un complexe de supériorité ? Pour ce qui est de la cinématographie, les spectateurices seront happé·e·s, presque hypnotisé·e·s par les plans sur le vélodrome, où tension et vitesse les feront chavirer.