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Les Homards de Maïa Descamps

Les copains d’abord ?

Après Les Huîtres, Maïa Descamps poursuit sa réflexion autour du consentement avec un court-métrage tendu, générationnel et très actuel.

Réuni avec ses amis pour enterrer sa vie de garçon dans la maison de vacances familiale, Sami retrouve une amie d’enfance qui l’accuse d’avoir abusé d’elle quelques années plus tôt. Le temps d’un week-end, les certitudes vacillent, les tensions remontent et les discussions dérapent. Avec Les Homards, Maïa Descamps signe un portrait de groupe particulièrement crédible, qui décrit avec finesse les mécanismes de loyauté masculine, de déni et de malaise au sein d’une bande de garçons confrontés à une accusation de viol.

Présenté au Brussels Short Film Festival, ce court-métrage de 26 minutes séduit notamment par la qualité de son écriture et de son casting. Emilien Vekemans, Benjamin Torrini, Gaël Soudron, David Nobrega et Colin Javaux composent un groupe vivant, parfois drôle, parfois franchement inconfortable. Le film évite surtout le piège du simple discours démonstratif : chacun tente de comprendre, se défend, doute ou minimise, dans des discussions où personne ne semble réellement savoir comment réagir.

Suite indirecte des Huîtres, nommé aux Magritte en 2023, Les Homards prolonge le travail de Maïa Descamps autour des violences sexuelles et des non-dits. Formée à l’IAD et active depuis plusieurs années dans l’écriture de séries belges, dont Fagnes (à venir), la réalisatrice confirme ici une vraie capacité à aborder des sujets contemporains sans perdre le spectateur en route.