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Prudence au rayon légumes de Lucie Smeets

Dans Prudence au rayon légumes, court métrage dédié à tous les vagins, Prudence essaie désespérément de réussir à se faire pénétrer par son amoureux en subissant les prises de position de sa famille. Le court métrage dépeint avec un humour et une légèreté teintée d’observations critiques les difficultés sexuelles de la génération des 25-30 ans et les carcans qui entourent une sexualité normative.

Alors que sa sœur lui rabâche que la pénétration est un acte surcoté et gênant, sa mère les tanne en avançant qu’une défloraison tardive n’est pas une bonne solution face à tous des besoins à assouvir et à l’impératif du coït au sein du couple. Même les chimpanzés femelles se laissent dépérir quand elles ne peuvent plus se reproduire, faute d’utilité à la société ! Prudence pense que grâce à la légumothérapie, pratique d’insertion de légumes à l’intérieur de son vagin, elle va trouver une solution.

Le film nous questionne face à la multiplicité de sexualités et de leurs expressions qui existent à l’heure actuelle. Sa sœur la met d’ailleurs face à son possible lesbianisme et son autosexualité. Prudence se demande si elle n’est pas un cas clinique à cause de son problème et son copain en vient à ne plus oser être affectueux de peur de paraître abusif. Prudence au rayon légumes nous met ainsi face aux contradictions contemporaines inhérentes au couple et à la vie sexuelle, terreau d’une indécision et d’une remise en question permanente. Clin d’œil finalement à la touche fantaisiste du court métrage transformant les personnages en caractères médiévaux chevaleresques.