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Tenebrae Salis : quand le quotidien vire au cauchemar

Avec Tenebrae Salis, Margaux Colarusso, à la fois devant et derrière la caméra, poursuit l'exploration d'une horreur du quotidien aux accents fantastiques. Les pires monstres se cachent parfois dans les blessures du passé, les silences d'un couple ou les quatre murs d'une maison.

Au centre de l'intrigue, Gabriel, un homme souffrant d'une profonde dépression et ayant fait une tentative de suicide. À ses côtés, sa femme Elen tente de lui redonner goût à la vie et de retrouver une vie normale. C'est là qu'une lampe en cristal de sel plonge le film dans un univers fantastique inquiétant. Un objet banal qui devient le point de départ d'un récit où le fantastique vient se mêler à une souffrance bien réelle. Car derrière ses allures de thriller horrifique, Tenebrae Salis parle avant tout de la dépression, mais aussi de ceux qui la vivent au quotidien à travers un proche. De cette énergie parfois démesurée que l'on dépense pour aider l'autre à remonter la pente, de l'espoir qui renaît au moindre progrès et de cette peur constante de le voir replonger. On voudrait croire à une guérison définitive. Mais la dépression ne se laisse pas toujours contrôler. Les rechutes peuvent survenir...

Visuellement, le film joue sur une photographie aux teintes jaunâtres, tirant parfois vers le sépia. Une esthétique qui rappelle par moments le cinéma d'horreur des seventies, avec ses intérieurs vieillots, ses trophées de chasse et cette lumière chaude qui, paradoxalement, ne rassurent pas vraiment. Le malaise ambiant s'installe naturellement, sans avoir recours à une profusion d'effets.

On retrouve également quelques visages familiers de l'univers Deep Dreams , notamment Annick Cornil, dans cette nouvelle production belge de cinéma de genre indépendant. Et si la véritable horreur n'était finalement pas ce qui se cache dans l'obscurité, mais cette impuissance face à la souffrance de quelqu'un qu'on aime ? Tenebrae Salis pose cette question à travers une histoire de couple où l'espoir et la peur de la rechute ne sont jamais très éloignés.

Projection le samedi 7 novembre 2026 à 19 h, dans la section Belgica Obscura du Razor Reel Flanders Film Fest, à Bruges.

Razor Reel : https://www.razorreel.com/event-details/teneabrae-salis-belgica-obscura

Deep Dreams Films — YouTube : https://www.youtube.com/@deepdreamsfilms