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Herman Van Eyken

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Filmographie

L'Amour en suspens

L'Amour en suspens

fiction
2001
 

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Le déclic...

Herman Van Eyken

Je mitraillais tout un film en cinq minutes

J'ai reçu, quand j'étais très jeune, un appareil photo 6x6 de ma marraine et je me suis affilié au club photo de l'école. J'étais loin d'être le meilleur du club, j'étais plutôt l'un des plus mauvais, mais ma productivité était bonne. Je mitraillais tout un film en cinq minutes, au plus grand agacement de ma famille et de mes amis qui ne me comprenaient pas. En fin de compte, je crois qu'à cette époque là, le vrai moment d'"étonnement" était la découverte de cette masse de planches-contacts que je développais moi-même (tout mon argent de poche y passait). J'étais passionné par les rapports entre ces séries d'images. Comparer l'angle d'incidence, le cadre et même, déjà, le laps de temps écoulé entre les différentes photos: c'étaient, en fait, mes premiers petits films. J'ai toujours gardé cette façon de mitrailler dans mes voyages, mais maintenant ce sont des milliers de dias que je ramène. Plus tard, je suis devenu un cinéphile enragé. J'allais beaucoup au cinéma et souvent, j'allais toujours revoir les mêmes films. De nouveau, mes parents et mes amis ne me comprenaient pas. Grâce à mes voyages précoces - mon père travaillait à la SNCB et donc, j'avais droit à un grand nombre de billets gratuits à l'intérieur du pays et à l'étranger -, je me suis intéressé aux autres cultures, surtout aux cultures des images. Je visitais systématiquement les musées, mais aussi les salles de cinéma, même si certaines choses m'échappaient dans ces salles étrangères... Vers quinze ans, je partais réellement en voyage, à des festivals par exemple, pour aller voir un film bien précis. Bien que Louvain fût une ville d'étudiants, on ne pouvait pas y voir de films pour cinéphiles à l'époque. J'ai moi-même créé un ciné-club, dans lequel je projetais parfois des films que je n'aurais même pas été autorisé à voir vu mon âge. Vers dix-sept ans, j'aurais voulu commencer à réaliser des films, mais je n'avais pas d'argent. Alors, j'ai rapidement écrit une pièce de théâtre pour mes amis du collège. Contre toute attente, elle est devenue un succès local. Inspiration: les premiers films de Rainer Werner Fassbinder, dont j'ai d'ailleurs pratiquement vu toute la filmographie - j'étais fortement impressionné par sa productivité. La Maman et la putain de Jean Eustache a été également une très grande révélation pour moi. Bertolucci, Pasolini, Antonioni, Visconti, Godard, Alain Robbe-Grillet, Fellini, Bergman et John Huston m'ont aussi fortement impressionné. Pour ça, le musée du cinéma était une très bonne chose, puisque je ne devais pas payer le train. Entre-temps, mes amis et ma famille avaient compris que je voulais aller à "l'école de cinéma". Pendant les deux premières années de mes études, j'ai encore écrit et mis en scène une pièce de théâtre, d'après le disque "Berlin" de Lou Reed. Puis je me suis occupé pour la dernière fois, cette fois-ci d'après un texte existant, d'une représentation théâtrale pour l'ouverture de la nouvelle salle érigée à Louvain: le "STUC". A partir de ce moment là, je me suis consacré uniquement au film et à la vidéo. J'ai également arrêté mon ciné-club... Après mes études au HRITCS, je me sentais prêt à tout sauf à faire un pas dans la vie professionnelle (c'est lors d'un stage intensif que j'ai compris cela). C'est pourquoi j'ai demandé une bourse d'études pour des cours de perfectionnement en Italie, et je suis parti pendant trois petites années à Rome (Cinécitta) et à Bologne (Umberto Eco). A mon retour en Belgique, j'ai fait mon service civil dans le département audiovisuel de la KUL (Leuven), où je suis entré étroitement en contact avec la vidéo. Ensuite, j'ai eu l'occasion de réaliser mon premier film de commande pour un ancien professeur/producteur du HRITCS. Je l'en remercie. J'avais démarré, cela ne s'est plus arrêté depuis, et j'espère pouvoir encore faire beaucoup de films... de mon propre choix, mais aussi des films de commande.

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