Jonas d’Adesky : « Quand on n’a pas réglé des choses de son passé, un jour ou l’autre, ça revient frapper à la porte »

Avec Kwibuka, se souvenir, présenté en compétition nationale au BRIFF, Jonas dAdesky revient sur la mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda à travers le parcours de Lia (Sonia Rolland), une basketteuse franco-rwandaise qui retourne dans le pays quelle a quitté enfant et qui retrouve son père devenu orthopédiste (Jean-Hugues Anglade). Entre histoire intime et mémoire collective, basket, danse et animation, le réalisateur interroge ce que signifie revenir sur un passé longtemps laissé en suspens Un film nourri par sa propre histoire familiale, mais qui cherche aussi à dépasser le cadre rwandais pour toucher à une question universelle : que fait-on des blessures que lon na pas encore affrontées ?


Cinergie : Comment pitcheriez-vous votre film ?

Jonas dAdesky : « Kwibuka » veut dire « se souvenir ». C’est l’histoire d’une basketteuse professionnelle métisse, qui est franco-rwandaise. Au début du film, le sélectionneur de l’équipe nationale rwandaise va la recruter pour lui proposer de jouer la Coupe d’Afrique au Rwanda. Elle va donc être amenée à retourner dans ce pays qu’elle a quitté quand elle était enfant à cause du génocide. Le film va raconter à la fois ce tournoi avec l’équipe nationale rwandaise, puis le retour au pays et celui sur les traces de son passé familial.

C. : Le souvenir, cest un mot vraiment lié à la question du génocide rwandais.

J.d.A. : C’est vraiment très ancré là-bas, parce qu’ils ont installé une sorte de culture du « plus jamais ça ». Chaque année au Rwanda, il y a 100 jours de commémorations du génocide qui ont lieu un peu partout dans le pays, à des dates différentes qui correspondent aux moments où il y a eu les grands massacres de Tutsi dans les différents endroits du pays. Lors de ces commémorations, il y a des discours, des témoignages de victimes, un cheminement à travers les lieux où ont eu lieu ces massacres. Ça permet d’avoir une parole autour de ça et de constamment rappeler que ça ne doit plus jamais arriver.

Il y a des vérités qui ressortent des années plus tard. Encore aujourd’hui, 30 ans après le génocide, on retrouve des génocidaires. Ce qu’il y a de terrible dans un génocide, c’est cette durée dans le temps des conséquences, qui hantent toujours les gens, génération après génération.

C. : En 1994, vous étiez tout jeune. Vous êtes ensuite devenu réalisateur et porteur dune histoire, puisque vous avez des racines rwandaises. Comment est-ce que vous avez emmagasiné tout ça, de lenfant à ladulte et au réalisateur, avec en arrière-plan une histoire malgré tout très récente ?

J.d.A. : Moi, j’avais à peu près 10 ans quand le génocide a eu lieu. À cette époque-là, le génocide était sous-médiatisé, et depuis la Belgique, on avait encore moins accès à l’information. D’autant que mon père a eu une posture assez particulière. Il est né au Rwanda, mais il a quitté le pays étant tout petit enfant, avec son père. Sa mère est restée là-bas. Son père était belge, sa mère rwandaise, et lui, il a grandi ici. Quelque part, il nous a très peu parlé de tout ça. C’était quelqu’un qui était plus dans une sorte de retenue, en disant: « Moi, j’ai refait ma vie ici, ma vie maintenant, c’est ici. » On a donc eu assez peu d’échanges par rapport à tout ça. De cette période d’enfance, du moment du génocide, je me souviens de très peu de choses. Je n’ai pas l’impression même qu’on en ait beaucoup parlé. Je ne sais pas s’il nous a protégés et qu’il a regardé de son côté. Il faudrait d’ailleurs que je lui en reparle. Mais il a eu une démarche qui était de dire : « Je veux amener mes enfants au Rwanda pour leur montrer ce pays qui fait partie de leurs origines et de leurs racines. »

Moi, c’est évident que je suis métissé, et les gens me le renvoient, me posent des questions par rapport à ça. J’ai toujours dit que j’étais originaire du Rwanda. Je l’ai vraiment découvert en partant au Rwanda, à 17 ans, avec mon père. J’ai découvert un pays qui n’était pas du tout l’image que j’avais de l’Afrique. À ce moment-là, j’imaginais quelque chose de très chaud, très sec. Le Rwanda, c’est un peu tout le contraire : c’est très vert, c’est le pays des mille collines. C’était pour moi une découverte, un premier grand voyage, plus que d’aller au pays où avait eu lieu le génocide. Et puis derrière, on a quand même parlé de ma grand-mère. Il y a toute une histoire familiale, la version que j’ai eue en Belgique, c’est que ma grand-mère était décédée pendant le génocide. Quelque part, c’était une sorte de porte fermée où je ne pouvais pas fouiller beaucoup plus loin, puisqu’il n’y avait plus vraiment de famille au Rwanda. La trajectoire qui m’a amené à ce film passe aussi par mon premier film, Twa Timoun, que j’ai tourné en Haïti. J’ai passé six mois là-bas, j’ai appris la langue. Les gens me demandaient si j’étais haïtien puisque là-bas, c’est aussi très métissé. Et je leur répondais : « Ben non, je ne suis pas haïtien, je suis belgo-rwandais. » La question de l’identité était déjà très présente dans mon premier film. Ce questionnement-là m’a donné envie de faire un film autour de cette question d’identité et de ma part rwandaise. Ça a été un petit peu le moteur vers le projet Kwibuka.

C.: Quels sont les défis quand on se penche sur sa propre histoire, sachant quil y a en plus une part dinconnu et qu’on doit monter une coproduction avec un pays où tout reste malgré tout compliqué?

J.d.A. : C’est intéressant comme question. Ce qui est assez marrant avec le recul, c’est que mon producteur rwandais, Joël Karekezi, qui est aussi réalisateur, avait toujours cette phrase : « Ça va aller, tout est possible. » Il y avait là-bas cette énergie de dire : « Tout est possible. » Alors, ça n’a pas été facile, mais finalement les choses ont fini par se régler. On a pu faire à peu près le film que j’imaginais, et pourtant ce n’était pas gagné du tout. Il y a eu des lieux très compliqués.

La coproduction, paradoxalement, n’a pas été un problème. J’ai travaillé avec Neon Rouge, une boîte de production qui était déjà très ancrée dans le cinéma du monde et l’Afrique et qui collaborait notamment avec Joël. La coproduction avec le Rwanda et la France s’est faite assez naturellement. Et puis, moi, j’avais déjà des contacts là-bas. Même si je n’avais pas de famille, on tisse des liens. Je connaissais notamment d’autres gens un peu dans ma situation, des métis, qui habitent là-bas. Cela a joué sur mon processus d’écriture d’aller beaucoup au Rwanda. C’était quelque part aussi mon objectif en faisant ce film : me reconnecter au Rwanda. Et ça m’a vraiment permis de le faire.

C. : Est-ce quau Rwanda, vous êtes aussi perçu comme métis ?

J.d.A. : Parfois de « muzungu ». Ça arrive. Ça veut dire étranger, blanc. Comme la majorité de la population rwandaise est plutôt noire de peau, on ressort parce qu’on est un peu plus clair. Mais ça dépend assez fort des circonstances. Quand j’étais tout seul en préparation de mon film, il y avait des fois où je faisais partie du paysage, je n’avais pas trop d’interrogations. Il y a aussi une manière d’être, de s’habiller, tout ça fait partie des habitudes, de ce qu’on a acquis. Moi, ma culture, elle est d’abord belge, j’ai grandi ici. Et surtout, il y a la barrière de la langue. Là-bas, ils parlent le kinyarwanda. Moi, je ne le parle pas. C’est une langue très difficile à apprendre. Il faut vraiment rester longtemps là-bas, y vivre, être en immersion. Mon père ne me l’a pas transmise. Donc, si j’ai bien un regret, c’est ça : de ne pas parler cette langue. J’aurai toujours une distance par rapport au Rwanda liée à ça.

C. : Sonia Rolland joue le rôle principal. Elle est elle-même métisse, fait partie de la diaspora, possède une histoire qui fait écho à celle de votre personnage. Elle est très identifiée au Rwanda en tant qu’ancienne Miss France. Quest-ce qui vous a incité à la choisir ?

J.d.A. : Le paradoxe, c’est que moi, j’ai plutôt découvert Sonia Rolland via sa casquette d’actrice. Je cherchais une actrice métisse rwandaise et il n’y en a pas beaucoup. Je suis tombé sur des extraits de films, je ne connaissais pas vraiment son histoire. Son profil m’intéressait et on s’est rencontrés. Je lui ai pitché le film et très vite, elle m’a expliqué un peu plus sa vie. Elle avait quitté le Burundi étant enfant, elle jouait au basket là-bas et, quand elle est arrivée en France, elle a rejoint une équipe de basket. Ça lui a permis de se faire des copines, de s’intégrer. C’est d’ailleurs dans cette équipe qu’elle a été repérée comme Miss France. Il y avait énormément d’échos entre mon personnage et elle. Elle a aussi gardé un lien très fort avec le Rwanda : elle y va souvent, sa mère y vit, elle a une maison là-bas. Elle porte le pays en elle. Dans mon casting, un des premiers arguments, c’est de me demander dans quelle mesure la personne va pouvoir m’apporter des choses au-delà de ce que j’ai écrit, à partir de son vécu. Ça a été vraiment déterminant. Après, on a fait des essais dans une équipe de basket, aux Royal Castors Braine, qui est une équipe bien connue en Belgique. Le fait qu’elle ait joué jusqu’à ses 19 ans a aidé, parce que très naturellement, ça revenait. Il y avait une crédibilité aussi là-dessus. Aujourd’hui, on parle beaucoup d’elle comme Miss France. Mais c’est aussi une étiquette dont elle est fière à l’origine et dont elle aurait bien aimé se délester un petit peu. Depuis des années, elle est quand même comédienne dans pas mal de séries, elle a fait des seconds rôles au cinéma, et ce n’est pas si simple de se délester de cette étiquette-là. En tout cas, ça a été une super alliée sur le tournage. C’est une bosseuse et ça a été un plaisir de travailler avec elle.

C. : Dans le film, un personnage dit en parlant de labsence du frère de Lia : « Une personne est toujours vivante tant quon na pas de certitude quelle est morte. » Comment fait-on son deuil quand il ny a pas de corps ?

J.d.A. : C’est vraiment une question et une phrase importante du film. Je pense que ça fait malheureusement partie de ces questions qui se posent après un génocide, pas seulement celui au Rwanda. Comme ça a été un massacre de masse, on retrouve encore des corps, pratiquement chaque année. Les analyses ADN n’ont souvent pas été faites, parfois les gens ne savaient pas où chercher, comment et qui chercher. Cela représente de vraies difficultés à faire un deuil. D’ailleurs, je pense que les commémorations permettent aussi, pour ceux qui n’ont pas retrouvé leurs proches, une forme de deuil collectif. C’est ça qui est intéressant : lier l’individu et le collectif.

Je voulais vraiment faire ça à travers le film. Oui, c’est lié à mon histoire personnelle, ça raconte une histoire intime d’une famille en particulier, mais la trajectoire du personnage permet aussi de comprendre la mémoire collective, tout ce qui s’est joué autour de ce génocide au Rwanda, et de comprendre comment ils le vivent là-bas. Et de sortir, pour le public européen, d’une forme d’ethnocentrisme. On a parfois un avis là-dessus, et c’est normal, mais c’est intéressant de découvrir comment les choses se jouent là-bas.

La question de la génération est aussi importante. Mon père a vraiment quelque part été arraché à sa mère, il l’a perdue. Il porte des blessures que je ne porte pas. Moi, j’ai peut-être la possibilité d’y revenir plus facilement, d’ouvrir le dialogue et d’essayer de parler des choses là où pour une série de gens, parler et mettre des mots n’est pas possible. Particulièrement au Rwanda. Cette trajectoire de retour au pays est donc aussi intéressante pour les gens de la diaspora, parce qu’il y a une possibilité d’ouvrir le dialogue.

C. : Est-ce que vous auriez envie plus tard de filmer la reconstruction du Rwanda ?

J.d.A. : Moi, je pense que c’est malgré tout un film qui parle de la reconstruction, simplement avec un point de vue actuel et celui d’un personnage en particulier. C’est la manière dont je me sentais légitime aussi de parler de ça, en tant que personne de la diaspora, en tant que métis.

Récemment, le film Benimana (de Marie-Clémentine Dusabejambo, NDLR) a été montré à Cannes, il traite des Gacaca, les tribunaux communautaires qui ont été mis en place après le génocide pour pouvoir reconstruire le pays. Comme tous les Rwandais étaient impliqués dans le génocide, que ce soit du côté des victimes ou des bourreaux, c’était impossible de légiférer, d’avoir une justice pyramidale. Il fallait qu’en fait, on puisse localement gérer les choses. Ce qui était extraordinaire avec les Gacaca, c’est que ces tribunaux permettaient aux bourreaux et aux victimes de formuler les choses, de tous s’exprimer, parfois avec les bourreaux qui demandaient pardon. Est-ce que le pardon est reçu ou pas ? C’est une autre question. Mais au moins, les choses étaient dites. Et à partir du moment où elles étaient dites devant les gens du village, en collectivité, ça permettait d’imaginer qu’on puisse reconstruire ces villages, vivre côte à côte et continuer. C’est peut-être difficile à imaginer ici, chez nous, mais c’est un bel exemple de reconstruction. Il y a d’autres cinéastes rwandais qui raconteront d’autres histoires d’une autre manière. C’est important de trouver sa place.

C. : Vous évoquez la légitimité. Comment vous voyez-vous dans ce cinéma belge qui évolue, qui va à la fois vers des coproductions et qui ouvre peut-être des portes qui ne souvraient pas par le passé ?

J.d.A. : C’est une question assez vaste, au sens où j’ai l’impression que c’est un milieu compliqué. Faire un film, on s’en rend compte, c’est un parcours du combattant. C’est une chance de faire un film, surtout un long métrage cinéma.

Et en même temps, vu ce parcours, il y a toujours beaucoup de doutes : comment va-t-on être reçus ? Il y a des espoirs, mais on n’a pas les mains sur notre devenir. On ne peut pas savoir si on va avoir un succès, que ce soit en festival ou en salle. J’ai l’impression qu’on doit être porté par une conviction et par des sujets forts qui vont nous permettre de tenir pendant quelques années pour pouvoir faire son film. Moi, ma façon de m’accrocher et de continuer là-dedans, c’est de mêler un petit peu la grande et la petite histoire. C’est-à-dire parler de choses assez intimes, avec ma manière de voir les choses, avec un côté parfois un petit peu décalé, à travers l’animation, un univers, le point de vue d’un personnage. Et puis à côté de ça, parler aussi de la grande histoire, qui permet de toucher quelque chose de plus universel.

Maintenant, savoir si on est à sa place et si on est légitime, moi, je me pose toujours la question. Et je pense que je me la poserai encore. Pour le moment, j’ai deux projets en écriture et je sais qu’il faut se battre pour arriver au bout et que ça devienne des films.

C. : Et quelle confiance accordez-vous justement à l’écriture ?

J.d.A. : Quelle confiance ? C’est une bonne question. C’est de là que ça vient. Moi, clairement, si je suis venu vers le cinéma au départ, c’est parce que j’aimais écrire. J’ai commencé par écrire des nouvelles. Je me suis rendu compte qu’elles étaient assez visuelles. Puis j’ai eu la chance d’avoir une activité parascolaire en cinéma dans mon école, donnée par une ancienne de l’IAD, Géraldine Doignon, qui a été un petit peu mon mentor. C’est comme ça que j’ai fait mon premier scénario de court métrage, puis mon deuxième, un peu en autoproduction. Aujourd’hui, je pense que le scénario, c’est le moteur. Il permet de créer ses personnages, son histoire. Maintenant, c’est aussi un travail très dur, parce que c’est un travail de longue haleine, avec de nombreuses versions.

On part sur un enthousiasme et une idée, puis il faut revenir dessus. Et il faut qu’il y ait un fond qui soit fort derrière pour pouvoir tenir sur ces versions, sur les commissions auxquelles on va se confronter, sur les retours, qui sont parfois bons, parfois pas bons à prendre. Le but, à l’arrivée, c’est de faire le meilleur film possible. Mais c’est une base fondamentale, qui fait aussi qu’on va partager son film avant de le tourner et convaincre les gens d’embarquer avec soi.

C. : Vous êtes aussi membre dune commission daide au financement. Quest-ce que cette expérience vous apporte, en tant que cinéaste ?

J.d.A. : Ça fait six, sept ans maintenant que je suis membre de la commission au Centre du cinéma et de l’audiovisuel. Je trouve que c’est vraiment une richesse d’être de l’autre côté du miroir. On a toutes sortes de fantasmes par rapport à la commission et, à l’arrivée, moi, j’étais plutôt rassuré de voir comment ça fonctionnait.

On mélange les casquettes : il y a des auteurs, des producteurs, des techniciens, des distributeurs. On a donc un mix de façons de voir les choses qui est plutôt riche pour recevoir un projet sans être dans quelque chose d’unilatéral. Dans les débats que j’ai vécus, la plupart du temps, il y a beaucoup de bienveillance. On n’est pas là pour casser les projets. On sait que la sélection est très dure parce qu’il y a peu d’argent. Maintenant, c’est sûr qu’à un moment donné, quand on arrive au dernier choix, la subjectivité rentre en compte. Les personnalités jouent aussi. Il y en a qui ont un passé sur CV plus important que d’autres et donc une forme de légitimité plus forte.

Aujourd’hui, je prépare un troisième long métrage et je me retrouve au deuxième collège, avec tous les gens qui ont fait au moins plusieurs longs. Sur CV, je suis un petit peu le Petit Poucet. C’est une forme d’angoisse de me dire : « Comment je vais faire pour faire mon trou au milieu de tous ces gens qui ont parfois fait cinq, six longs, que je respecte et que j’ai parfois eus comme professeurs ? »

C’est là que j’essaie de faire confiance au projet, au dossier, au scénario et à la proposition. Parce que, pour moi, il y a une question universelle derrière Kwibuka, se souvenir : quand on n’a pas réglé des choses de son passé, qu’on a des nœuds dans son passé, un jour ou l’autre, ça revient frapper à la porte. Qu’est-ce qu’on en fait ? Est-ce qu’on continue à mettre ça de côté, ou bien est-ce qu’on s’y confronte, même si c’est douloureux ? Je pense que c’est une question que tout le monde se pose. Et c’est important pour moi, au-delà de la spécificité du Rwanda ou du basket. Je pense que tout le monde peut être concerné par la question fondamentale qui est derrière. Ça fait partie, pour moi, de la force d’un projet. Et ça, je peux le défendre.