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Landry, court métrage de Marie Fotso

À l’aube de son 18e anniversaire, Landry s'apprête à quitter le statut de MENA (Mineur Étranger Non-Accompagné). Il attend la régularisation de ses papiers - son futur est incertain. Le film relate la recherche d’emploi d’un garçon de 18 ans qui s’appelle Landry et qui attend sa régularisation. À travers l’impatience du jeune de se régulariser et d’avancer dans la vie, les échanges du jeune avec les gens qui l’entourent révèlent les affres de l’administration et l’opacité des procédures qui entravent l’émancipation des MENA.


Le film suit Landry, 18 ans, interprété par Terry-Daryl Ngoga, en quête de régularisation et d’un emploi comme animateur après un stage dans une salle de sport. Mais sans papiers, chaque effort se heurte à une réalité implacable : l’accès à l’emploi reste incertain, et l’entretien d’embauche devient une épreuve dont l’issue lui échappe. Écrit et réalisé par Marie Fotso, avec la collaboration à l’écriture et la direction artistique d’Anne Fotso, le récit expose d’emblée la fragilité d’un jeune dont l’avenir reste suspendu aux lenteurs administratives.

Le film montre comment cette attente fragilise Landry au moment où il s’apprête à fêter ses 18 ans. Sa volonté d’avancer se transforme peu à peu en frustration, puis en agressivité envers son entourage. La peur de l’expulsion ou de rester sans papiers nourrit cette colère, tandis que la perspective d’un examen, censé lui ouvrir une porte, devient une source supplémentaire de tension. À travers ses silences et ses échanges, Landry révèle son impatience et le poids d’un système opaque qui bloque ses projets, incarnant le dilemme d’une jeunesse empêchée de se projeter.

Une séquence marquante, où Landry apparaît en tenue traditionnelle sur des chants africains, souligne la cassure entre ses origines et sa vie en Belgique. Cette image symbolique, presque surréaliste, renforce l’introspection d’un récit déjà traversé par la solitude et le doute. La photographie des extérieurs bruxellois et le travail sonore – musique et silences – accentuent cette impression d’étouffement. Porté par le jeu tendu et habité de Terry-Daryl Ngoga, le film s’impose comme une plongée sobre et percutante dans l’impasse vécue par de nombreux jeunes en quête de régularisation.

La mise en scène se distingue enfin par son attention à l’environnement sonore et visuel. Les silences en disent souvent plus que les dialogues, laissant apparaître la tension intérieure du personnage. La musique, utilisée avec retenue, souligne ses moments d’introspection. La photographie, notamment dans les plans extérieurs à Bruxelles, inscrit le récit dans une réalité brute, entre grisaille urbaine et instants suspendus. Ensemble, ces choix renforcent la sobriété du film et plongent le spectateur dans l’expérience sensible d’un jeune qui cherche à exister.