Comédienne en manque de rôles, Manon (Selma Alaoui) consulte une voyante qui lui prédit un tournage en montagne. Comme aucune proposition n’arrive, elle décide finalement de partir en Savoie avec un chef opérateur dépressif et un preneur de son en pleine crise existentielle. Sur le papier, Le sens du drame pourrait ressembler à une simple comédie sur le milieu culturel. Mais le film touche souvent juste grâce à une écriture à la fois drôle, absurde et touchante.
Projeté au Brussels Short Film Festival, l’une des rares comédies de l'événement a fait mouche dans la salle, le court-métrage reposant beaucoup sur la qualité de ses dialogues et de son casting. Selma Alaoui - également co-réalisatrice avec Bruno Tracq - compose une héroïne attachante, coincée entre ses ambitions de cinéma, sa précarité et le besoin de continuer à croire en ses rêves.
Autour d’elle gravitent plusieurs visages bien connus du cinéma belge, parmi lesquels Karim Barras, Sophia Leboutte, Ingrid Heiderscheidt ou encore Jérémie Renier. Le duo filme avec beaucoup de tendresse ce petit monde d’artistes en équilibre précaire, entre ambitions sincères et grands discours parfois un peu fumeux, sans jamais tomber dans la caricature.
Déjà remarqués avec Samia, primé l’an dernier au BSFF, Selma Alaoui et Bruno Tracq confirment ici un vrai sens de la comédie douce-amère. Installée à Bruxelles depuis de nombreuses années, passée notamment par Unité 42 et Quitter la nuit de Delphine Girard, Selma Alaoui apporte au film une sensibilité à la fois drôle et mélancolique. Réalisateur de documentaires, monteur reconnu et enseignant à l’INSAS, Bruno Tracq a quant à lui travaillé sur Augure de Baloji ainsi que sur Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg, présenté cette année à Cannes dans la section Un Certain Regard.