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Peter Woditsch

Peter Woditsch

Métier : Réalisateur, Scénariste

Adresse : 30, Marché aux Porcs

Ville : 1000 Bruxelles

Région : Bruxelles-Capitale

Pays : Belgique

Tél : +32 2 223 04 79

GSM : +32 497 70 34 09

Email : Cliquez ici

Galerie photos

Filmographie

Dans la main de Dieu

Dans la main de Dieu

documentaire
2015
 
Secret Museums

Secret Museums

documentaire
2007
 
To be or not to be

To be or not to be

fiction
1999
 

Le déclic...

Une histoire d'argent avec beaucoup d'amour

1973 : J'avais dix-sept ans, j'étais un loup des steppes... J'ai dû quitter l'Allemagne. Il m'a fallu choisir une forme d'exil (moral). Le passé pesait trop fort. Mon meilleur ami était juif. Lui comme moi, nous avions perdu presque toute notre famille pendant la guerre. Je partais à leur recherche. En Israël d'abord, puis en France. Malgré quatre années de français à l'école, j'ai dû tout réapprendre. Le meilleur moyen, c'était de fréquenter les cafés. Je n'arrêtais pas de parler aux gens. Un autre moyen, c'était d'aller souvent au cinéma. C'était à Annecy. Tous les films étaient sous-titrés en français. En voyant ces films, un langage derrière les dialogues commença à me toucher, à me troubler. Au café, j'essayais de me battre avec des mots, des expressions que je ne maîtrisais pas, pour parler de sentiments, de sensations, d'histoires. Au ciné-club (l'un des meilleurs en France), je ne regardais plus les sous-titres. D'ailleurs dans beaucoup de films une phrase sur trois était traduite (chez W. Herzog, Fassbinder, etc.). Un jour, attiré par une affiche dans un cinéma de la ville, j'ai payé ma place, sachant que j'allais uniquement pour voir deux acteurs. L'un, Klaus Kinski, jouait principalement dans les séries B, malgré cela il me fascinait. L'autre c'était Romy Schneider. Dans ce film, tous les acteurs, dont un Italien, deux Allemands et un Français; Jacques Dutronc inoubliable depuis, parlaient très, très vite. A la fin du film je suis sorti du cinéma et je me suis mis à courir jusqu'à épuisement. J'étais époustouflé : quel film ! Depuis, je n'arrêtais plus de parler de ce film, ou plutôt du film que je m'étais fait à travers l'univers d'images et du son. Une histoire d'argent avec beaucoup d'amour. Deux ans plus tard, ce même film était repris à Paris. Entre-temps j'avais amélioré mon français. C'était une totale confirmation de ce que j'avais ressenti et cru comprendre à l'époque. Cette expérience a été un catalyseur. Pourquoi est-il de plus en plus rare, malgré la multiplicité des productions cinématographiques d'aujourd'hui, qu'un film puisse vous bouleverser avec une telle intensité ? C'est comme dans la vie ou dans l'amour.
Une dernière curiosité : ce film avait un titre différent selon la langue. Le plus beau était en français : l'Important c'est d'aimer.
Pour ma part, je continue à travailler pour, un jour, relever ce défi.

Peter Woditsch