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Campo Santo


Campo Santo

Titre original : Campo Santo

de Sonia Pastecchia

Date de sortie : 2007

Pays : Belgique/Italie

Genre : documentaire

Durée : 60'

en coproduction avec Crescendo Films et Arte France

Synopsis :

Émigrer implique de faire un deuil, celui du territoire qui nous a vu naître et qui, une fois quitté, devient dans nos souvenirs un lieu sacré auquel on se rattache. Dans les années 50, les parents de la réalisatrice ont quitté leur village natal d’Esanatoglia dans les Marches en Italie pour partir travailler en Belgique. Depuis une trentaine d’années, de nouveaux migrants venus d’Europe et du monde entier viennent travailler dans cette région italienne redevenue prospère et certains s’installent au village. Au départ d’une trajectoire familiale, un récit polyphonique se tisse pour faire ressortir la parole vraie de ce processus de deuil et de renaissance qui peu à peu transforme profondément notre identité.

Campo Santo parle du deuil d’un territoire.
Le film prend à contre-courant le train jadis emprunté par les parents de la réalisatrice : Liège–Esanatoglia, et montre ainsi un village qui a vu partir beaucoup de ses villageois par manque de travail, et qui offre aujourd’hui une opportunité d’emploi, que la main d’œuvre italienne ne peut plus saisir.
Mes parents ont quitté leur petit village en Italie dans les années 50 et ceci pour travailler dans les mines de charbon. C'est à la mort de ma grand-mère en 2001, en Italie, que j'ai fait le deuil non seulement d'un être cher, la mère de ma mère, mais également du territoire qui désormais n'avait plus aucune raison d'être le mien. Cette femme était le seul lien entre nous, en Belgique, et ce qui avait été quitté 50 ans auparavant : la terre natale.
Une fois ce deuil fait que restait-il de ce territoire chéri de mon enfance (les vacances, les cousins, le village qui avait fini par faire corps avec le corps de ma grand-mère) ?
Son actualité, sa vie en mouvement : des hommes et des femmes venus d'ailleurs pour s'installer dans ce village et recommencer l'histoire. Abandonner sa terre natale, trouver une dignité que le pays n'a pas su offrir; un travail, élever une famille et puis... Où mourir ?
Ainsi ma mère dans le film dit une chose : "Je veux être enterrée ici (en Belgique) dans le cimetière de St Nicolas, je vis ici alors je dois être enterrée ici." Et ceux qui arrivent aujourd'hui dans le village que mes parents ont quitté, où pensent-t-ils être enterrés ? Cet ici se confond avec un là-bas et le monde devient un vaste champ sacré où la notion de territoire disparaît petit à petit. Et la vie reprend le dessus

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