Dans une société de plus en plus individualiste, il existe encore des projets sociaux qui valorisent le lien humain, comme ceux présentés dans ce documentaire. Babel’zin, Club 55, Espace 51 et Club Norwest sont des lieux d’expression bruxellois qui offrent à chacun, qu’il s’agisse de personnes souffrant de troubles mentaux, de personnes âgées ou simplement d’individus en quête d’évasion, un espace pour se rencontrer et échanger.
La Bienvenue de Maya Duverdier et Joe Rohanne

La bienveillance est au cœur de ces lieux de liens, qui permettent à celles et ceux qui le souhaitent de raconter leur récit de vie, avec leurs bagages et leurs anecdotes. Les réalisateurs donnent même une une handycam aux membres de ces lieux afin qu’ils puissent filmer librement leur réalité. Ces scènes servent de transitions et permettent de capter et de transmettre à l’image leurs émotions, leurs perceptions et l’atmosphère singulière de ces lieux hors normes.
Créer le contact est la clé pour façonner les liens sociaux, d’autant plus pour des personnes qui rencontrent de grandes difficultés. Malgré la douceur qui se dégage du film, on comprend rapidement que l’on a affaire à des personnes marquées par la vie, qui trouvent dans ces établissements une échappatoire pour se soulager mentalement.
Ces lieux ne cherchent pas à se définir comme des institutions figées, avec des règles et un cadre formel, mais comme de véritables communautés vivantes. Ils reposent avant tout sur l’écoute, la présence et le respect des trajectoires individuelles. Chacun y est accueilli pour ce qu’il est, avec son histoire et ses fragilités, sans jugement. Cette absence de distance institutionnelle permet de créer un climat de confiance, où le lien se tisse naturellement, avec la parole comme seul remède.
Le documentaire soulève également un problème lié aux contraintes juridiques imposées par l’État. Les lieux de liens aimeraient idéalement que leurs locaux restent ouverts en permanence afin de permettre un accès libre et spontané. La loi impose la présence d’un référent de l’équipe pour ouvrir les espaces, ce qui limite cette liberté de fonctionnement. Cette obligation vient rappeler que beaucoup de projets sociaux doivent composer avec un cadre administratif strict et parfois en décalage avec leur philosophie.
Ces lieux de liens sont une réelle aubaine pour garantir un minimum d’humanité dans une époque où le profit règne sur la solidarité.
Kyllian Bruwier









