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Migrations de Jerome Peters

Publié le 14/04/2021 / Catégorie: Critique

Dans la compétition des courts métrages belges au BIFFF, le réalisateur Jerome Peters présente un film de quatorze minutes : Migrations. Il y dépeint la peur de l’autre et le rejet si facile de notre faute sur celui-ci.

Migrations de Jerome Peters

Le film s’ouvre sur des bateaux de migrants. Réalité à laquelle nous ne sommes généralement confrontés qu’en images, pourtant celles-ci heurtent notre humanité à souhait. Une musique presque expérimentale les accompagne, créant une tension à chaque note plus prenante. Puis, tout change. Les migrants ne sont en réalité que des images retransmises sur l’écran d’une télévision, dans une ferme sombre qui semble perdue au milieu de nulle part. La nuit est levée. Les habitants sont là, ivres, grossiers, rudes et intrinsèquement racistes. Ils sont cinq mais il y a un trio de tête : les trois frères. Le leader, au contraire de ce que l’on pourrait immédiatement penser, est loin d’être charismatique. Son frère le suit aveuglément. Et le dernier semble naïf, niais, presque perdu. Leurs préoccupations semblent bien loin de la migration qui tourne sur leur écran. Le problème du jour est simple, il y a une ouverture dans le grillage du poulailler. Il faut le réparer et attraper celui qui l’a créé. Un renard ? Un des Roms qui se sont installés non loin de là ? Un des frères est sûr, c’est le coup d’un renard. Alors qu’ils entendent tout à coup leurs chiens aboyer, ils courent à l’extérieur, fusils en main, pour attraper la bête. Mais ils vont se retrouver face à un visiteur qui est tout sauf un animal.

Solenne Deineko

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