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Le Palimpseste, d’Agnès Simon (2026)

Publié le 06/02/2026 par Malko Douglas Tolley / Catégorie: Critique

Réalisé par dans le cadre de son cursus à L’Académie de Dessin et des Arts Visuels de Molenbeek-Saint-Jean, la Palimpseste d’Agnès Simon est un film original et singulier d’une dizaine de minutes qui questionne les rapports de domination au travail dans nos sociétés contemporaines. Plus qu’un simple témoignage, le film s’impose comme une ode au droit à la différence, interrogeant les normes sociales et les mécanismes d’exclusion.

Le Palimpseste, d’Agnès Simon (2026)

À travers des images et des créations plastiques qui illustrent son témoignage, le film fait résonner la parole d’une femme, ses métaphores et ses silences, racontant la violence de la domination, mais surtout sa prise de conscience sur ses propres souffrances.

Sa parole prend alors la forme d’une poésie intérieure : « J’entends l’intangible, je vois l’inaudible, je touche l’invisible… » Par la beauté simple et bouleversante de ses mots, elle dit à la fois son désir d’être reconnue et la violence du rejet, faisant de son témoignage un espace de dignité et de survie.

Refusant le moule de la conformité, elle s’est tournée vers les ateliers créatifs et a façonné des figures inspirées de Magritte à partir de la terre et de moules, qu’elle transmet aujourd’hui à son tour. Le film montre cependant que ni ces pratiques ni l’art n’ont suffi à la réparer. Car, au-delà du geste créatif, elle devait encore accoucher autrement de son cri intérieur, trouver une forme plus profonde pour dire sa blessure.

C’est finalement dans sa tour de Babel qu’elle parvient à exprimer sa différence et à s’accepter. Comme dans le mythe biblique, où la diversité des langues sépare les hommes autant qu’elle les définit, cette construction symbolise son propre rapport au monde : une parole singulière, longtemps incomprise. À travers cet art fragile et éphémère, elle transforme ce qui fut une fracture en langage personnel, et trouve enfin un espace pour se réconcilier avec elle-même.

Le film se construit alors comme un véritable palimpseste : chaque image, chaque geste créatif, chaque mot vient recouvrir une blessure ancienne sans jamais l’effacer complètement. Comme un manuscrit réécrit sur ses propres traces, son parcours superpose les couches de la souffrance, de la reconstruction et de l’acceptation, laissant apparaître, sous l’œuvre présente, les stigmates du passé.

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