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Tout s’est arrangé (ou pas) : état des lieux de la santé mentale des jeunes de la « génération covid »

Publié le 09/02/2026 / Catégorie: Critique

En 2022 sortait le documentaire Tout va s’arranger (ou pas), un film qui alertait sur le mal-être de la jeunesse au sortir de deux années marquées par la crise du covid et le confinement qui suivit. Trois ans plus tard, le collectif né de la création du film propose un nouvel état des lieux de la santé mentale des jeunes dans un tout nouveau documentaire : Tout s’est arrangé (ou pas).

Tout s’est arrangé (ou pas) : état des lieux de la santé mentale des jeunes de la « génération covid »

Face à la détresse psychique des jeunes, le collectif Tout va s’arranger (ou pas) qui s’est formé autour de la création du documentaire éponyme, entend briser le silence autour de la santé mentale des jeunes. Même si le chemin est encore long, le pari est d’ores et déjà réussi. Grâce à la sortie du film en 2022, le collectif a réussi à fédérer autour d’un projet pensé par et pour les jeunes pour créer des espaces d’accueil, libérer la parole et l’écoute, mais aussi sensibiliser la société et interpeller les pouvoirs publics. Le collectif ne comptait donc pas s’arrêter en si bon chemin et nous offre un nouveau bilan bienvenu cinq ans après la pandémie.

Cinq ans plus tard, le temps a passé, le covid et le confinement semblent déjà loin et pourtant, la santé mentale des jeunes est toujours aussi préoccupante dans un monde devenu de plus en plus anxiogène. Pendant trois ans, le collectif a continué son travail de terrain pour partir à la rencontre des jeunes. À force de cercles de discussions et de questionnements collectifs, le second volet documentaire Tout s’est arrangé (ou pas) (2025) prend la forme d’une enquête très documentée aux conclusions alarmantes.

Le constat est sans appel. Malgré un éveil des consciences sur le sujet de la santé mentale des jeunes depuis le covid, la situation ne s’est pas améliorée, bien au contraire, elle s’est dégradée. Un bilan dramatique que le documentaire vient illustrer avec des chiffres et des statistiques sur la réalité du quotidien de cette fameuse « génération covid ».

L’un des endroits où s’exprime le plus cette détresse c’est bien sûr l’école. Ainsi, depuis la crise du covid il y a cinq ans, l’absentéisme scolaire a augmenté de 170%. Un chiffre impressionnant qui illustre bien l’incapacité du système scolaire à répondre au décrochage scolaire et qui préfère pointer du doigt des parents bien démunis. Mais lorsque les parents ont les moyens de prendre en charge la détresse de leurs enfants, ils font face à d’autres obstacles : la saturation des services pédopsychiatriques et des prises en charge pas toujours adaptées aux besoins des jeunes, que ce soit par manque de temps, d’information ou de moyen. En moins de 20 ans, les hospitalisations en urgences pédopsychiatriques des 15-25 ans ont connu une hausse de 70%, tandis que le nombre de psychotropes prescrits aux 15-25 ans a augmenté de 46% en 15 ans.

La santé mentale est un sujet dont on parle de plus en plus, mais qui reste une préoccupation moindre des pouvoirs publics, notamment lorsqu’il s’agit des jeunes, comme si cette souffrance n’était pas justifiée du fait de leur jeune âge et de leur inexpérience. Mais la santé mentale n’a pas d’âge. D’autant plus que les jeunes sont les premiers touchés par les crises écologiques, économiques et politiques qui dessinent un avenir incertain, les empêchant de se projeter dans l’avenir.

Avec l’éclairage d’expert·es comme Jean-Oscar Makasso, ethnopsychologue, Jacinthe Mazzocchetti, anthropologue, et Cynthia Morgny, sociologue et co-autrice de Derrière les masques, la souffrance mentale des jeunes et les témoignages sensibles de jeunes, le documentaire nous offre des éléments de réponse pour les aider à sortir de l’isolement, recréer du lien et réinjecter de l’espoir à travers l’art, le sport, l’écoute et le collectif.

Le film Tout s’est arrangé (ou pas) est présenté le jeudi 12 février dans le cadre des 18es Rencontres de l’Image Mentale organisées par l’asbl Psymages.

Clara Brelot

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