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Marc Didden

Marc Didden

Métier : Réalisateur

Ville : Bruxelles

Région : Bruxelles-Capitale

Pays : Belgique

Email : Cliquez ici

Galerie photos

Filmographie

Dikke Vrienden

Dikke Vrienden

documentaire
2011
 
L'Empereur du goût

L'Empereur du goût

fiction
2007
 
Bruxelles mon amour

Bruxelles mon amour

fiction
2001
 
Mannen maken plannen

Mannen maken plannen

fiction
1992
 
Sailors Don't Cry

Sailors Don't Cry

fiction
1989
 
Istanbul

Istanbul

fiction
1984
 
Brussels by night

Brussels by night

fiction
1983
 

Le déclic...

Marc Didden

Joel (ou Aidie, ou Alan)

J'ai rencontré le cinéma en 1957, au Rixy à Etterbeek, qui se situait tout au début de la Chaussée de Wavre, près de la Place Jourdan, là où Monsieur Antoine vendait cinq francs le meilleur sachet de frites au monde.
Je n'y ai pas vu mon premier film, cependant.
J'ai pleuré la mort de Bambi bien avant, au Scala, la petite soeur de l'Eldorado, Place de Brouckère. J'avais avalé ma dose de Laurel & Hardy et de Charlie Chaplin comme les autres enfants, soit dans les salles de gymnastique transformées en cinéma qu'on trouvait dans toutes les paroisses et les écoles du quartier (pour découvrir plus tard que j'aurais préféré voir W.C. Fields et surtout Buster Keaton), soit chez moi à la maison. Mon père regretté étant grand amateur de films de Fernandel, n'hésitait pas à louer un projecteur et une copie 16 mm pour nous passer cinq fois par week-end s'il le fallait son Raphaël le tatoué favori.
Mais le premier film qui m'a donné envie d'en savoir plus, le premier qui m'a fait penser qu'un film n'est pas seulement un rêve mais aussi quelque chose qu'on fabrique quelque part et qu'on pourrait donc apprendre à fabriquer soi-même, c'est un western qui s'appelait peut-être Duel au Crépuscule et dans lequel Joel McCrea tenait peut-être le rôle principal (ou Audie Murphy, ou Alan Ladd ! De cette époque, je ne me souviens finalement que du prix exact du sachet de frites), mais qui contenait une scène qui me hante jusqu'à ce jour.
Je vous la raconterai comme ma mémoire me la dicte : Joel (ou Audie, ou Alan) est soi-disant mort après un combat de rue où un mauvais l'a abattu de quelques balles de son colt. Il se fait enterrer mort-vivant tout en sachant que le mauvais étant très mauvais ira sans doute cracher sur sa tombe. Mais avant que les fossoyeurs l'ensevelissent sous le sable, il leur demande d'installer une sorte de périscope qui lui permettra a) de prendre de l'air s'il le faut et b) de voir le mauvais s'approcher de sa tombe.
Ce qui doit arriver arrive. Le mauvais est descendu par notre héros depuis sa position plus ou moins missionnaire et moi j'avais attrapé l'envie de faire du cinéma.
Merci Joel (ou Audie, ou Alan).

Marc Didden