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La Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles fête ses 70 ans.

Publié le 05/12/2016 / Catégorie: Brève archivée

En sept décennies, elle a constitué une collection de plus de 8.000 titres belges et internationaux et a récemment initié la collection Cinéastes d’aujourd’hui, une série documentaire sur les cinéastes belges contemporains.

La Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles fête ses 70 ans.

Afin de fêter dignement cet anniversaire, la Cinémathèque a déniché dans son fonds des titres tant inconnus qu’emblématiques, qui seront projetées à l’occasion de trois séances thématiques le 19 novembre à Bozar, en collaboration avec Bozar Cinema. En outre, une séance en soirée proposera en avant-première le dernier film de la collection Cinéastes d’aujourd’hui Au-delà des mots, le cinéma de Joachim Lafosse de Luc Jabon, précédé de Scarface, l’unique passage de Joachim Lafosse derrière l'oeil de la fameuse émission Striptease, le tout en présence des réalisateurs. Les séances sont en vente sur le site de Bozar au prix de 4/6€ pour les projections thématiques. Un pass est d’ailleurs proposé à 8€ pour l’ensemble de celles-ci. Les tickets pour l’avant-première sont également disponibles au prix de 6/8€ sur le site de Bozar.
Pour découvrir toutes les dernières informations sur cet anniversaire, rendez-vous sur son event facebook :
https://www.facebook.com/events/601943143323541/

Les séances
14h00 – Ici et ailleurs - des pérégrinations en image et des courts- métrages sur le voyage, à Bruxelles et autour du monde L’Américain se détend de François Reichenbach (1958).
A travers la cocasserie des habitudes des Américains en vacances, le cinéaste propose une réflexion sur la quête du bonheur, idée chère aux Américains, qui va jusqu'à être garantie par la constitution. Une orde à l’optimisme qui erdurera pendant les Golden Sixties.
A la conquête des sommets polaires de Jean Harlez (1960)
Une expédition vers le Grand Nord dans des conditions difficiles tourne au drame. Jean Harlez nous en fait le récit avec émotion.
Knokke-le-Zoute de Jean Ripert (1965)
Balade touristico-sociologique à Knokke le Zoute, il y a 51 ans. Finalement, peu de choses en changé … Mention particulière pour la musique : Jacques Brel et Marc Aryan.
Le métro en Folie de Gérald Frydman (1972)
Ce film de fin d’étude de Gérald Frydman donne un aperçu de l’univers fantaisiste et singulier du réalisateur. Un métro devient fou et s’échappe dans un Bruxelles qui entre dans les années 70.
15h30 – Cinéma d’animation - du film expérimental au conte, le cinéma d’animation présenté sous ses formes les plus originales.
Cette séance a été sélectionnée et sera introduite par Philippe Moins, créateur du Festival Anima.
La Chambre de Raymond Antoine (1964)
Un personnage est enfermé dans un carré et tente d’en sortir par tous les moyens. Quitte à utiliser les plus extrêmes. Ce court métrage est le parfait exemple que le cinéma d’animation n’est pas que pour les enfants : un huis clos dramatique et dépressif.
Comment avoir un enfant sage ? de Stanislav Latal (1965)
Irrévérencieux et satirique, comment avoir un enfant sage est un guide pour les parents dépassés. Avec des méthodes quelque peu douteuses …
Mosaïc de Norman McLaren et Evelyn Lambart (1965)
Un point lumineux jeté sur l'écran par le cinéaste, démultiplié en lignes horizontales et verticales qui se croisent en rythme et en carrés ... Un petit joyau d'abstraction, rythmé par une musique synthétique.
Goldframe de Raoul Servais (1969)
Mister Goldframe est un grand producteur de cinéma. Sa vie durant, il a été le premier en toutes choses : à l'école, aux concours, aux compétitions et enfin dans la production de films en 270 mm. Une seule ombre au tableau, il n'est jamais parvenu à dépasser sa propre ombre et ceci vire à l'obsession.
Street Musique de Ryan Larkin (1972)
Cette perle de l’Office National du Film canadien mixe prises de vues réelles et animation. Psychédélique et complètement foutraque, Ryan Larkin met en image et en son des musiciens de rue à l’époque du Flower Power.
La déclaration des Droits de l’Homme (1988)
Multiplement primé, ce film produit par Prudence Fenton illustre chaque article de la déclaration des Droits de l’Homme. Réalisé et projeté dans le cadre de la tournée « Human Rights Now ! ». Avec une musique signée entre autre par David Byrne, Laurie Anderson ou encore Danny Elfman, le film rassemble des stars de l’animation dont les maîtres de la pâte à modeler, Aardman. 


17h00 – Toute une époque - des films gentiment désuets aux stéréotypes complètement dépassés et déplacés.
Ngiri de Gérard de Boe (1946)
Pur film de propagande coloniale, Ngiri raconte la région marécageuse au nord-ouest du Congo et les bienfaits apporté par les colons aux populations locales.
Dental health how and why (VO EN) de Mc Graw-Hill (1948)
Croquer dans une pomme, puis, face camera, montrer son sourire parfait. Ce court métrage pédagogique use tous les clichés : les gentils enfants se brossent les dents. Les méchants enfants ont des caries. Le commentaire en anglais laisse transparaître la voix de l’Amérique victorieuse et puissante.
Garde-toi de Jean Boulanger (1949)
Film pédagogique sur la sécurité routière, Garde-toi met en scène des enfants et adultes au comportement imprudent et rappelle les règles élémentaires de la route. Entré en désuétude, le documentaire en devient décalé et revêt un humour dont on ne se lasse pas. Une véritable perle du cinéma scolaire.
Soudure de tuyau de plomb de Lucien Deroisy (1955)
Madame aimerait faire la vaisselle, pendant que Monsieur est au travail. Mais, diable, la tuyauterie de l’évier est fissurée et Madame est donc contrariée … 
Pas besoin d’expliciter plus les stéréotypes retrouvés dans ce film. Néanmoins, ayant un but pratique, celui-ci détaillera avec force d’explications et d’images, comment réparer soi-même son tuyau de plomb. Pour éviter, dès lors, toute querelle domestique.
19h30 – Avant-première - En présence des réalisateurs 
Scarface de Joachim Lafosse (Episode de Striptease)
Qui n'a vu le film de gangsters "Scarface" ? Mais tout le monde sait-il que "Scarface" ça veut dire "Le Balafré" ? Et, voyez comme le hasard fait bien les choses : non seulement Raphaël est un peu gangster, il adore en outre le film Scarface et, cerise sur le gâteau, il collectionne les balafres comme d'autres les papillons. Et voilà, il nous a raconté quelques-unes de ses cicatrices...

Au-delà des mots, le cinéma de Joachim Lafosse de Luc Jabon
Au-delà des mots, le cinéma de Joachim Lafosse, sixième documentaire de la collection Cinéastes d'aujourd'hui, nous emmène dans l’odyssée cinématographique d'un cinéaste d’à peine 40 ans. En une soixantaine de minutes, Luc Jabon nous fait partager l’univers de celui qui fut son élève en scénario à l’IAD, école de cinéma. Un homme, somme toute, qui raconte les hommes. Car ce que Joachim cherche sans cesse à percer, c'est l'humain, avec ses faiblesses, sa violence, sa fragilité, mais aussi son désir de rassembler, de pacifier.
Dans un café bruxellois, Catherine Salée et Kris Cuppens, acteurs tous les deux, se remémorent ce parcours. De leur côté, Matthieu Reynaert et François Pirot partagent leurs expériences de scénarisation auprès de Joachim. Quant à Sylvie Pialat, Olivier et Jacques-Henri Bronckart, ils nous livrent les difficultés mais aussi cette jubilation qui jalonnent leur travail de producteurs, nées de l’acharnement et de cette frénésie de créer du prolifique cinéaste.
S’immerger dans le cinéma de Joachim Lafosse (7 films de fiction en 15 ans), le voir à l’oeuvre au tournage, au montage, c’est aussi montrer cette expérience des limites que ce cinéaste, encore en plein devenir, ne cesse de côtoyer.

Valéria Musio – Presse et programmation 
Valeria.musio@cfwb.be
02/413.27.30 – 0498/84.74.02
Facebook.com/cinemathequefwb

La Cinémathèque de la FWB : une institution qui entre dans la septantaine
Un peu d’histoire …
Née au lendemain de la seconde guerre mondiale, la Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’avait à l’origine aucune vocation patrimoniale : les collections constituées au fil du temps, mais aussi les films coproduits ou commandés étaient destinés, avant l’apparition de la TV scolaire, bien avant celle de la télédistribution et de la médiathèque, à proposer aux enseignants belges des supports audiovisuels permettant d’illustrer leurs cours. Près de 70 ans plus tard, ses collections comptent plus de 8000 titres, essentiellement belges, principalement des films documentaires… c’est une singularité dans le monde des cinémathèques, qui en général détiennent surtout des films de fiction.
En 2015, il est clair que le prêt physique de films aux enseignants a diminué, évoluant notamment vers le prêt en ligne. Les missions de la Cinémathèque se sont diversifiées. 

Numériser, archiver soutenir et promouvoir le cinéma
Ainsi, de nouvelles initiatives ont vu le jour, comme par exemple www.laplateforme.be, initiative conjointe de la Cinémathèque FWB, du Centre du Cinéma et de Point Culture, qui propose aux enseignants et opérateurs culturels de la FWB une offre riche de films documentaires belges récents en ligne.
Citons également La Regarderie, nouveau service lancé fin 2015 : Point Culture et la Cinémathèque FWB proposent aux écoles maternelles et primaires des coffrets de films d’animation en lien avec les programmes pédagogiques. Ces films sont mis en prêt gratuit pour une durée de 3 mois, afin d’être utilisés par les enseignants ou dans le cadre de la garderie scolaire. 
Au quotidien, la Cinémathèque FWB assure désormais, en plus de la conservation de ses collections (historiques) sur film, la conservation numérique pérenne des oeuvres cinématographiques soutenues par le Ministère de la  édération Wallonie-Bruxelles. Elle collabore pour ce faire étroitement avec la Délégation générale à la numérisation des patrimoines culturels (Pep’s) en fournissant du contenu sur le portail www.numeriques.be, et avec le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel, qui coordonne via la commission de sélection des films le soutien public au cinéma belge francophone.
Par l’édition d’ouvrages et de DVD, elle sensibilise le public cinéphile à la richesse de notre patrimoine cinématographique. Deux titres, parus chez Yellow Now récemment, peuvent être considérés comme des ouvrages de référence : Mémoires du Monde analyse 100 films de nos collections, et permet au lecteur d’en avoir une vision globale. Regards sur le Réel, par l’étude de 20 films documentaires belges du 20ème siècle, offre un panorama du documentaire de création en Belgique. Enfin, par la collection Cinéastes d’aujourd’hui, la Cinémathèque ambitionne de donner des clés de compréhension de l’oeuvre de nos cinéastes les plus talentueux.
Cinq titres sont parus : Hors limites, le cinéma de Jaco van Dormael, d’Olivier van Malderghem, On the road again, le cinéma de Bouli Lanners de Benoît Mariage, L’homme de sable, le cinéma de Thierry Michel de José-Luis Peñafuerte, L’âge de raison, le cinéma des frères Dardenne d’Alain Marcoen et Luc Jabon et I don’t belong anywhere, le cinéma de Chantal Akerman, de Marianne Lambert.
Le sixième film, Au-delà des mots, le cinéma de Joachim Lafosse, est réalisé par Luc Jabon et coproduit par Ryva Productions.

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