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La Stèle de la Tempête – Révélations sur l’exode et les Plaies d’Egypte d’Olivier Vandersleyen

Publié le 20/12/2017 par / Catégorie: Critique

Journaliste et réalisateur de documentaires, Olivier Vandersleyen nous livre un documentaire riche en témoignages. Se qualifiant lui-même de mineur, le réalisateur a choisi l’Egypte pour poser sa caméra et il s’attaque à un objet marquant de l’histoire égyptienne : La Stèle de la Tempête. Il dit vouloir faire la part des choses entre mythe fondateur (la Bible) et vérité historique.

En 1947, la mission française a découvert la Stèle de la Tempête à Karnak, en Egypte. Commanditée par le pharaon Ahmosis il y a 3500 ans, elle permettrait de comprendre les conséquences climatiques, économiques, démographiques, politiques et historiques de l’éruption de 1628 avant notre ère de Théra, un volcan situé sur l’île de Santorin.
Dans les années 60, Claude Vandersleyen, le père du réalisateur a pu traduire une partie de cette Stèle. Retrouvée fragmentée, l’archéologue belge a pu déchiffrer une partie des hiéroglyphes se trouvant des deux côtés de la Stèle. Ils relatent les conséquences d’une terrible tempête qui frappa l’Égypte ainsi que des moyens mis en place par le pharaon Ahmosis pour réparer les dommages.

Dans le Livre de l’Exode, le deuxième livre de la Bible et du second Testament, le mythe fondateur d’Israël est raconté : les hébreux, alors esclaves des Egyptiens, sont libérés par Yahvé. Bien entendu, le pharaon n’est pas d’accord et Yahvé inflige 10 Plaies à l’Egypte pour le faire plier. Sur la Stèle, il est écrit notamment que Ahmosis, pour se faire pardonner, va faire des offrandes aux Dieux afin de faire cesser ces Plaies.
Le récit de la Stèle fait-il écho à l’éruption de Santorin ? C’est en tout cas ce qu’affirment des chercheurs de l’université de Chicago dans un article datant de 2014, le point de départ de ce documentaire riche en investigations
Dans la première partie du documentaire, le réalisateur part en Égypte avec son père, afin de confronter le récit de la Stèle à la réalité sur le terrain. On rencontre ainsi Claude Vandersleyen qui va, pour la première fois, voir de ses propres yeux la Stèle qu’il a contribué à traduire, cinquante ans plus tôt, nous livrant des images inédites. De nombreux témoignages de vulcanologues, archéologues et autres professionnels vont agrémenter son témoignage. lls affirment que l’éruption de Santorin aurait pu avoir des conséquences terribles sur le sud de l’Égypte, malgré les 1300 km les séparant. Comme par exemple l’obscurité totale décrite par La Stèle.

Pour la seconde partie de son documentaire, Olivier Vandersleyen nous offre une pléthore de points de vue qui parfois entrent en opposition. Comme celui d’Israël Finkelstein, directeur de l’Institut d’archéologie de l’Université de Tel-Aviv (Israël), qui affirme qu’en Égypte il n’y a aucune preuve de l’Exode.
Le réalisateur n’essaye pas de nous imposer son hypothèse, au contraire, c’est un véritable travail de recherche et d’analyse qu’il nous sert. Les protagonistes ne sont pas dirigés, ils peuvent parler librement et cela se sent. C’est cela aussi qui fait la qualité et l’authenticité du documentaire.
Alternant images d’archives, paysages somptueux et interviews face caméra, La Stèle de la Tempête est plus qu’un documentaire. Olivier Vandersleyen n’essaye pas de nous convaincre, plutôt de nous ouvrir à de nouvelles pistes de réflexions.

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