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Thierry Zéno

Thierry Zéno

Décédé le 07/06/2017

Métier : Réalisateur

Site web : Cliquez ici

Date de naissance 22/04/1950

Biographie

Né à Namur en 1950, Thierry Zéno, hantait un ciné-club animé par un abbé très cinéphile qui lorsqu'il projeta Les Amours d'une blonde, en 1967, épouvanté par la chair pulpeuse d'Hana Breejchova que dévoile sans façon Milos Forman, mit sa main entre l'écran et le projecteur. Ceci décida Zéno à donner à voir ce qu'on lui cachait avec autant de persévérance (pas seulement l'érotisme mais le refoulé de la société).

Inscrit en 1968 à l'IAD, il tourne dès 1971, Bouche sans fond ouverte sur les horizons, un premier film réalisé avec des normes professionnelles, qui est aussitôt acheté par l'ORTF. Ce qui lui permet de s'offrir sa première caméra et de travailler sous les casquettes de cameraman (il a fait l'image de presque tous ses films), de réalisateur et de producteur.
Pour Thierry Zéno, le cinéma étant un artisanat, il est nécessaire d'en gérer les outils économiques (décider des délais de finition d'un film), avoir la liberté créatrice du réalisateur et aussi ce plaisir d'être derrière la caméra ainsi que de passer du documentaire à la fiction, de décider du format et de la durée.

En 1974, Vase de noces, son premier long métrage de fiction fait sensation au Festival Exprmtl de Knokke. Ensuite il co-réalise avec Dominique Garny et Jean-Pol Ferbus, Des morts. Zéno pense qu'une des caractéristiques de ce métier est de pouvoir donner la parole à quelqu'un qui veut s'exprimer, mais n'en a pas les moyens, que ce soit un malade soigné dans un asile psychiatrique, un indien qui veut crier sa douleur et dénoncer l'injustice, ou les mourants que personne ne veut écouter. En 1982, il fabrique Ciné-tics, un film expérimental qui devait se jouer avec des petites bobines, (le cinéma considéré comme une performance plutôt que comme 24 images par seconde projetées sur une toile), puis il réalise, en 1986, Artifices d'acier, un court métrage sur le sculpteur Olivier Streubel.

Il rencontre Ionesco au moment où celui-ci ne fait plus que de la peinture et du dessin. Après lui avoir montré Les Tribulations de Saint-Antoine, Ionesco s'exclame : " Vous, vous pourriez faire un film sur moi qui ne me décevrait pas !" Aussitôt dit, aussitôt fait, et c'est Eugène Ionesco (1987).
Puis vient le diptyque sur les indiens Chiapas, Chroniques d'un village Totzil et Ya basta ! Le cri des sans visage suivit du diptyque sur Félicien Rops, Les Muses sataniques et Ce tant bizarre monsieur Rops.

Devenu directeur de l'Académie de dessin et des arts visuels de Molenbeek, il nous en explique dans le même numéro les raisons et le programme.

Galerie photos

Filmographie

Ce tant bizarre Monsieur Rops

Ce tant bizarre Monsieur Rops

Réalisateur(-trice)
documentaire
2000
 
Ya Basta ! Le cri des sans-visage

Ya Basta ! Le cri des sans-visage

Réalisateur(-trice)
documentaire
1997
 
Chroniques d'un village tzotzil

Chroniques d'un village tzotzil

Réalisateur(-trice)
documentaire
1992
 
Babel - Lettre à mes amis restés en Belgique

Babel - Lettre à mes amis restés en Belgique

Comédien(ne)
docu-fiction
1991
 
Eugene Ionesco, voix et silences

Eugene Ionesco, voix et silences

Réalisateur(-trice)
documentaire
1987
 
Les tribulations de saint Antoine

Les tribulations de saint Antoine

Réalisateur(-trice)
documentaire
1984
 
Les Muses sataniques

Les Muses sataniques

Camera(wo)man
documentaire
1983
 
Des morts

Des morts

Monteur(-euse) image
documentaire
1979
 
Vase de Noces

Vase de Noces

Réalisateur(-trice)
fiction
1974
 
Bouche sans fond ouverte sur les horizons

Bouche sans fond ouverte sur les horizons

Réalisateur(-trice)
documentaire
1971
 

Organismes liés à cette personne

Le déclic...

Thierry Zéno

Les Amours d'une blonde
Les fées Rita (Hayworth) et Greta (Garbo) ne se sont pas penchées sur mon berceau pour souffler les poussières d'étoiles qui auraient pu étinceler mon parcours de cinéaste. Du plus loin que je m'en souvienne, c'est probablement dans un trou noir que tout s'est décidé. Ou plutôt, des trous noirs sur un écran blanc et gris qui contrariaient les Amours d'une blonde.
Cela se passait à Namur, dans un ciné-club très catholique animé par un abbé très cinéphile qui avait programmé le film de Milos Forman pour l'édification de ses jeunes ouailles. Hélas pour nous, quand la blonde se mit à aimer son militaire, la main de l'abbé est venue s'interposer entre le projecteur et l'écran : l'ombre d'aucun sein ne pouvait semer la tentation dans nos fragiles consciences !
Mais comment le très brave abbé pouvait-il savoir quand mettre fin à sa censure manuelle ? Hélas ! en entrouvrant ses doigts ! C'est ainsi que nous avons vu les noirs doigts de l'abbé cisailler les belles chaires blanches et grises des amants de Tchécoslovaquie.

Thierry Zéno