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Pauline et Paulette

Publié le 01/09/2002 par Jean-Michel Vlaeminckx / Catégorie: Sortie DVD

Le cinéma n'est pas une distraction (langue de bois commune aux block-busters américains et à la télé), c'est une passion. Vous le découvrez en salles, de plus en plus rarement à la télé, et désormais, de plus en plus, en DVD, ce qui lui insuffle une seconde vie. D'autant que ce nouveau support bénéficie de la technologie numérique qui vous permet d'obtenir une qualité d'images et de son d'autant meilleure que les copies sont remastérisées. Nous ne pouvions pas ne pas vous informer des films belges qui paraissent en DVD. D'autant que ceux-ci bénéficient, pour la plupart, de suppléments allant d'informations sur le contexte dans lequel le film s'est tourné à un court métrage du réalisateur.
Par ailleurs nous allons répertorier les DVD belges disponibles sur le marché afin de vous donner un meilleur accès à notre cinéma.
En ce mois de septembre, c'est Pauline et Paulette de Lieven Debrauwer, après la récente la sortie de Thomas est amoureux de Pierre-Paul Renders dont nous vous avons parlé le mois passé (tous deux édités par Boomerang Pictures), qui ouvre la rubrique. Moteur. Action.

Pauline et Paulette

 Le film

Le contraire de Robocop. Le parcours de quatre soeurs âgées d'une soixantaine d'années. Arsenic et vieilles dentelles ? Rien à voir ! Ne nous dites pas qu'il n'y a pas de fight ? Eh bien, non. C'est un film à contre-courant du cynisme ambiant, du second degré permanent, du conformisme anesthésiant du flux télévisuel (ah bon, c'est un film ? Je croyais que c'était la pub !). Il ne nous montre pas des Apollons et des Aphrodites en pleine crise de narcissisme mais des gens âgés. Pauline et Paulette est un conte de fées pour adultes. On nous y parle de l'autre avec humour. Quatre soeurs. L'une d'entre elles, handicapée mentale, une petite fille de soixante-six ans, est fascinée par les fleurs, les roses en particulier ; une autre, Paulette, vend des tissus rouges, roses ou fuchsia. Le tout se passe dans le village flamand de Lochristi. (link : l'article de Marceau Verhaeghe, Archives).

 

Les coulisses du film

Lieven Debrauwer raconte comment s'est élaboré ce film où les roses (les fleurs et la couleur) tiennent un si grand rôle. Il explique comment il a conçu le caractère de chacun de ses personnages ainsi que leurs costumes et l'environnement dans lequel ils évoluent (Martha, Pauline, Paulette et Cécile). Chaque plan de Pauline et Paulette a été conçu au préalable à l'aide d'un storyboard. On vous laisse découvrir le reste : la direction d'acteurs, les différentes prises du plan final et bien d'autres choses encore.

Léonie

Le plat de résistance des suppléments est sans conteste ce court métrage qui n'a été vu que par un public restreint de cinéphiles fréquentant les festivals. C'est au Festival de Bruxelles que nous avons découvert ce film qui allait être sélectionné à Cannes où il reçut le Prix du Jury (1997), distinction qui permit au réalisateur de réaliser Pauline et Paulette.
Léonie (Dora Van Der Groen) regarde d'un air absent son mari gisant sur son lit de mort. Flash-back sur leur vie commune de retraités. Pendant le repas (qu'a préparé Léonie), son mari lit le journal. On ne peut pas dire que la communication passe par la parole. Elle s'active, fait ses courses, prépare les tartines et le café de son mari pour l'usine. Léonie perd la mémoire. Elle est ailleurs, dans un espace-temps où la communication avec l'autre ne se fait plus. Dès lors, c'est le mari qui reprend les tâches quotidiennes de Léonie. Et lorsqu'il meurt, s'en rend-elle compte ?

 

Le réalisateur

Entretien

Cinergie : Que Penses-tu de l'idée que le DVD offre aux films deux vies : l'une lors de la sortie en salles, l'autre lors de la parution en DVD. Celle-ci offrant une seconde carrière au film en permettant à un public différent de le découvrir?
Lieven Debrauwer : Bien sûr je trouve ça superbe. D'abord un point pratique, on rate souvent les films en salle parce que ils ne sont pas toujours très longtemps sur l'affiche (bien que ce n'ait pas vraiment été le cas pour Pauline et Paulette, plus que 30 semaines en salle!). Par ailleurs, il est aussi intéressant de pouvoir revoir un film chez soi qui soit de bonne qualité (DVD). On peut arrêter, voir et revoir etc. L'idée d'avoir un film qu'on aime, c'est super. On peut le voir à n'importe quel moment !

 

C. Que penses-tu du découpage en chapitres. Y as tu participé?
L. D.B. : .Oui, le distributeur voulait avoir mon avis, plutôt sur les titres des chapitres. J'avais suggéré d'utiliser le langage de Pauline, c'est à dire très peu de mots. Soit pour la VF, soit pour la VO. Ils aimaient l'idée... . Personnellement, j'aimais bien l'idée d'utiliser des roses pour indiquer la sélection que peut opérer le spectateur. Aussi le menu animée est chouette, ils on même utilisé un plan avec un mouvement de caméra. On ne le voit pas du tout et ça marche très bien. Les mecs d " Escape Lab. » ont été très créatif... .

 

C. : Un Bonus peut-il offrir des scènes inédites (coupées au montage, je pense à In the mood for love) ou comme tu l'as fait plusieurs prises d'un même plan?
L. D.B. : Il y avait plusieurs scènes coupées, trop. Et comme je voyageais en Flandre avec une lecture ou je parlais du film et montrais plusieurs scènes changées, on avait décidé de faire un petit reportage ou j'annonçais les extraits moi-même au lieu de faire une page dans le menu avec du texte à lire.

 

C. : Le DVD offre une qualité d'image et de son optimale au spectateur dans la mesure où le DVD est remastérisé ce qui n'est pas le cas des copies diffusées par la télévision. Est-ce un avantage suffisant?
L. D.B. : Pour moi, personnellement la qualité du son et de l'image sont des paramètres très importants. Et surtout pour mon propre film, haha! C'est pour ça que j'ai acheté beaucoup de films que j'avais en VHS sur support u en DVD. Le plus grand avantage pour moi c'est le fait qu'on a l'image intégrale (1:1.85). Ce qui n'est pas le cas avec le VHS de P&P. 

 

C. : Tu apportes pas mal de précision sur Pauline et Paulette qui enrichissent le propos du film en le plaçant dans le contexte de sa réalisation. Est-ce un atout supplémentaire pour sa diffusion tant pour les spectateurs que pour le milieu scolaire?
L.D.B. : Ayant fait une "tournée" en Flandre avec le film, le Ministère de l'éducation s'y est intéressé intéressé. Comme je ne pouvais pas faire 100 présentations, on a décidé de faire une version VHS. Et je me dois d'ajouter que pendant la réalisation on a choisi de réaliser une version alternative (et plus courte) pour le DVD. Non seulement pour le milieu scolaire mais aussi pour le public adulte sont intéressé de savoir "comment on fait un film" et de découvrir... les scènes ratées !

C. : Le fait d'être d'être édité soigneusement -- il y a un travail important d'édition dans l'établissement d'un DVD -- et conservé dans sa bibliothèque comme un livre donne-t-il une chance supplémentaire au film d'être transmis d'une génération à l'autre?
L.D.B. : Il y a toujours des films qu'on ne voit pas. Parfois, on reçoit une VHS ou un DVD d'un ami qui dit: « tu dois voir ça. ».
Et parfois c'est un film qu'on ne voulait pas voir au départ. Voir le cinéma en salles c'est toujours mieux, mais heureusement grâce au DVD et VHS, beaucoup de gens peuvent découvrir un film qu'ils n'auraient pas eus l'opportunité de voir autrement.
J'ajoute, en pensant aux nouvelles générations, que c'est bien de pouvoir voir un "vieux" film en salle, mais parfois la copie est très abîmée. Alors, que grâce au DVD on peut VOIR un "vieux" film en bonne, parfois même en très bonne qualité d'image et de son!

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