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Sur le tournage de la série "Lucas etc, 2"

Publié le 03/10/2018 par David Hainaut et Tom Sohet / Catégorie: Tournage

La deuxième saison de Lucas etc. est dans la boîte

Lancée l'année dernière sur la RTBF, la première fiction maison dédiée à la jeunesse depuis 1969 et les fameux Galapiats, a bel et bien trouvé son public. Puisqu'au-delà de La Trois, la VRT (via Ketnet), TV5, la RTS (télévision suisse) et Internet ont diffusé les 25 premiers épisodes, de 7' chacun. Largement de quoi convaincre tout le monde de repartir pour une deuxième saison, mise en boîte cet été. Un tournage sur lequel nous nous sommes rendus, à l'occasion de son 34e et dernier jour.
Molenbeek, fin de l'été 2018. Alors que dans une brasserie, acteurs et techniciens s'affairent pour boucler les dernières scènes du tournage de la deuxième saison de Lucas etc, nous croisons, en coulisses, Dylan Klass, un jeune producteur d'à peine vingt-sept ans forcément satisfait de son entreprise. "En fait, il n'y a pratiquement que des avantages à tourner la seconde saison d'une série. Car l'équipe est expérimentée et maîtrise bien son sujet et les auteurs sont rodés. Quant à nous, producteurs, on est beaucoup plus à l'aise face au principal challenge de départ, qui était de tourner pour la première fois avec des enfants."

Par les même créateurs que Typique, première websérie de la RTBF

Car pour rappel, c'est de famille récompensée qu'il est ici question, à travers les aventures de Lucas (Hugo Gonzalez), un jeune adolescent créatif et turbulent, contraint de cohabiter avec Nathan (Elliot Godberg), un demi-frère ennemi du même âge que lui, du genre égocentrique et insupportable.

Entre deux autres plans, nous faisons une pause avec Benjamin Torrini - 27 ans lui aussi - et créateur de la série avec ses comparses Lionel Delhaye, Jérôme Dernovoi et Xavier Vairé, les trois premiers se targuant d'avoir imaginé Typique, soit la toute première websérie lancée par la RTBF, entre 2012 et 2015. "Nous espérions tous pouvoir tourner une deuxième saison de Lucas etc " concède Torrini, également directeur artistique de la série. "Car c'est là qu'on découvre les personnages, le ton, l'univers et que nous pouvons pousser plus loin nos intentions. On est plus à l'aise dans l'écriture, on s'amuse et en plus, on connaît mieux les personnages. On sait ce qui fonctionne ou non, et on peut intégrer facilement de nouveaux venus".

Ainsi, en plus des comédiens (adultes) déjà présents, à savoir Chloé von Arx, Angelo Dello Spedale ou Alexandre Von Sivers, d'autres comédiens comme Erik De Staercke ou Jérôme de Warzée étoffent le casting de cette nouvelle salve. 

Un format court, familial et belge

Doublée et sous-titrée, la série a été une réussite tant critique que publique, au nord comme au sud du pays. "Le succès en Flandre nous a agréablement surpris, car le paysage flamand est déjà bien fourni en séries pour la jeunesse. Ils ont en fait vu ça comme un OVNI !", explique Dylan Klass. "Mais globalement, ce qui a plu à tout le monde, c'est que la série est familiale, racontée en format relativement court et surtout de culture belge, sans un jeu trop théâtral ou de références trop franco-françaises." Et pour cause, dès le départ, l'inspiration affichée était plutôt anglo-saxonne, Lucas etc étant peuplé de délires créatifs imaginaires, décalés voire loufoques. 

Une aventure d'abord collective

On l'aura compris, vu l'âge de ses initiateurs, la fiction belge sait qu'elle peut aussi miser sur de jeunes talents. "Mais qu'il s'agisse de Typique ou Lucas Etc", explique encore Torrini, "C'est d'abord un aventure collective qui est la base de tous nos projets, où l'aspect humain est aussi essentiel que l'aspect professionnel. Certes, on sait qu'il existe dans le cinéma une hiérarchie forte, car un tournage nécessite toujours une vaste organisation, mais depuis que nous sommes sortis des études, on essaie de s'entourer de gens qu'on apprécie et d'en fidéliser d'autres. Tout en accueillant des personnes motivées à partager notre aventure. Parce qu'indéniablement, toute cette alchimie se ressent sur le résultat final. Et donc à l'écran !"

Un paysage belge en mutation

Dylan Klass ne dit d'ailleurs rien d'autre : "L'idée, c'est effectivement de travailler ensemble sur différents projets et sur toutes les plateformes existantes. Nous faisons partie d'une génération qui a grandi avec les réseaux sociaux, et autant avec les séries que les films. On sent que le paysage belge francophone change, avec de nouvelles techniques de fabrication, où il faut être plus flexibles et où on donne une totale confiance aux auteurs." Âgée d'à peine trois ans, modérément ambitieuse et sur la lancée de ses belles premières gammes, Narrativ Nations (gérée par un autre producteur basé lui à Paris, Christian Delhaye) envisage, à plus long terme, se lancer dans d'autres formats, en développant des séries de 26 ou 52 minutes, ainsi que dans le long-métrage. Pas à pas.

Nouvelle ère

À les entendre, à les observer, on aurait presqu'envie de parler d'une nouvelle vague belge. "Je ne sais pas si on peut dire ça, ni si on en fait partie", sourit avec modestie Torrini, qui cultive un certain éclectisme, puisqu'il est à la fois auteur, réalisateur et comédien (au théâtre, notamment). "Mais c'est sûr qu'on vit une nouvelle ère. Les médias évoluent, voire se transforment, le cinéma et les séries sont perçus autrement qu'il y a quelques années. Ce mouvement semble perpétuel et c'est là aussi, je crois, que chaînes et financiers doivent suivre. Tout comme le spectateur se doit de rester curieux, face à la masse de contenus proposés, aujourd'hui." 

Diffusion prévue pour décembre

À l'instar de ses grandes sœurs, La Trêve et Ennemi Public, Lucas etc a donc une deuxième saison en boîte. Celle-ci sera dévoilée à l'occasion des congés de fin d'année. "Mais avec deux saisons au total et une cinquantaine d'épisodes", précise encore Klass, "Le volume devient intéressant pour passer à la vitesse supérieure, pourquoi pas en revendant Lucas etc à d'autres pays, encore."

Quant à une troisième saison ? "Scénaristiquement, ça ne serait pas impossible", conclut de son côté Torrini, "Car nous évoluons avec le héros, ce qui nous ouvre beaucoup de portes. Mais là, on y pense pas vraiment. On essaie surtout de vivre le moment présent. Et ça, c'est déjà pas mal !"

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