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Festival du dessin animé et du cinéma d'animation - Philippe Moins

Publié le 01/02/1999 par Marceau Verhaeghe / Catégorie: Entrevue

Organisé pour la 18ème fois par l'asbl Folioscope, le Festival du dessin animé et du cinéma d'animation a donc atteint sa majorité. Le résultat d'un travail opiniâtre pour ses concepteurs qui ont réussi à hisser leur organisation parmi les cinq "Happy Fews" en matière de manifestations cinématographiques en Belgique (outre Gand, Bruxelles, Namur et le Fantastique). Un pari qui au départ paraissait peu évident pour une manifestation qui s'intéressait à un créneau assez limité, surtout à l'époque des temps héroïques, et qui a délibérément pris le parti de composer avec des publics très disparates. On peut dire en effet que plusieurs festivals coexistent en une seule manifestation : celui des enfants, celui des fans avertis et des professionnels, celui des cinéphiles et celui du grand public. Le festival, c'est la vitrine de l'animation mondiale. C'est aussi l'occasion de faire le point sur une année d'images animées dans notre pays. Nous nous sommes donc enquis auprès de Philippe Moins de la présence de l'animation belge au festival.

Cinergie : Pourquoi avoir regroupé tous les courts belges présents au festival dans une séance spécifique: ?
Philippe Moins : Je pense qu'un des rôles du festival est de montrer ce qui se fait en Belgique. Nous avons un public, et notamment des spécialistes étrangers, qui sont très curieux de cette production. Les regrouper dans cette séance "C'est du belge" permet de présenter en une fois ce que nous considérons comme le plus intéressant de la création belge annuelle. Il faut bien se rendre compte de l'impact que cette projection peut avoir pour nos réalisateurs qui sont très souvent de jeunes professionnels. Et puis nous avons constaté que notre public suivait. Il semble que le préjugé habituel contre la production belge ait été vaincu en ce qui concerne l'animation. L'année dernière, il y avait presque autant de monde pour suivre les séances belges que pour les programmes internationaux les plus courus. On a rassemblé 900 personnes autour des courts métrages belges.
 

 

Cinergie : Cette séance fait la part belle aux travaux de fin d'études de nos deux principales écoles : La Cambre et le KASK.
Ph. M. : Il faut bien se dire que si nous n'avions pas ces films, nous n'aurions pas grand chose à présenter. Par rapport à la grandeur du pays, nous n'avons pas à rougir de notre production, même au niveau quantitatif, mais reste quand même que cela n'est pas la profusion.

 

Cinergie : A votre estime, cette année est-elle un bon cru pour le cinéma belge d'animation: ?
Ph. M. : Je dirais que c'est un cru intermédiaire. Ne nous cachons pas les yeux, c'est un millésime assez faible pour La Cambre, mais c'est plutôt une bonne année pour les films de l'académie de Gand. Et à côté de cette production d'école, on voit apparaître, surtout en Flandre, une production artisanale indépendante qui est tout à fait intéressante. Donc, c'est une année qui a ses bons et ses moins bons côtés.


Cinergie : Au festival, il n'y a pas que les court métrages. Il y a aussi le "making of " consacré à Pic Pic et André.
Ph. M. : C'est une séance qui est entre le making of et la rétrospective en fait. Elle permettra de montrer les films de ce studio à la production assez typique de chez nous. Nous avions envie depuis longtemps de mettre sur pieds ce programme un peu fou. Stéphane Aubier et Vincent Patar expliqueront bien sûr leurs méthodes de travail mais il y aura aussi énormément d'inédits ou de quasi inédits, et notamment des extraits de vieux films de série B doublés à leur manière, qui raviront les amateurs de notre duo de choc.

 

Cinergie : Et du côté des longs métrages: ?
Ph. M. : Nous présentons comme film de clôture Kirikou et la sorcière de Michel Ocelot, dont toute la post-production, le montage et une partie de l'animation ont été réalisés en Belgique par le studio bruxellois Kid Cartoon. Il faut également signaler pour l'anecdote que nous reprogrammons pour les enfants le dessin animé américain Excalibur, dont le réalisateur, Fred Du Chau, est flamand et a fait ses études à Gand avant de partir s'installer là-bas. Il a fait appel à un autre compatriote, le dessinateur Frank Pé, qui a travaillé aux décors et émis certaines idées. Il a tendance à minimiser sa participation, sans doute parce qu'il y a des choses dans le résultat final qu'il n'aime pas, mais quand on voit certaines esquisses, on se rend compte qu'il n'a pas joué un rôle si mineur que cela. J'irais même jusqu'à dire que pratiquement toutes les bonnes idées du film viennent peu ou prou de Franck Pé. Je le dis sans aucun chauvinisme, mais parce que c'est comme cela.

 

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