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Jean-Michel Vlaeminckx par Freddy Sartor

Publié le 25/04/2018 / Catégorie: Livre & Publication

J'ai toujours énormément admiré ces artistes aptes à raconter des histoires fascinantes avec l’ombre et la lumière. Les cinéastes, les metteurs en scène et les photographes appartiennent à cette catégorie. Jean-Michel Vlaeminckx (« JMV » pour ses amis) fut l'un d'entre eux. Photographe brillant par son excellence, éternel cinéphile, conteur intarissable, JMV – ses nombreux amis ne me contrediront pas - était un homme aimable, sympathique, engageant et engagé. Mon premier souvenir le concernant est celui d’une photo en noir et blanc de Werner Herzog (que je venais d’interviewer) qu’il avait prise dans les bureaux de l'Institut Goethe au milieu des années 80. Sans cette photo, cette rencontre aurait disparu de ma mémoire depuis longtemps.

Jean-Michel Vlaeminckx par Freddy Sartor

Au début des années 80, Jean-Michel entrait au comité de rédaction du magazine « Les Amis du Cinéma et de la Télévision », complément francophone du « Film en Televisie » flamand. Même si leurs bureaux partageaient la même adresse et puisaient leurs informations dans les innombrables archives de la DOCIP, les deux éditoriaux travaillaient de manière autonome. Plus tard, le magazine fut rebaptisé « Visions »… et fit faillite après seulement quelques numéros.
JMV ne réalisait pas que des portraits, il écrivait aussi beaucoup. En plus d'avoir un bon œil, il avait un bonne plume. Je me souviens notamment de sa déception lorsqu’il fit le trajet pour Paris avec Louis Danvers pour interviewer Eric Rohmer. Pendant deux longues heures, les deux compères purent bombarder de questions le maestro français. Mais malheureusement, le cinéaste refusa catégoriquement d’être pris en photo.
Jean-Michel aimait visiter les plateaux, en grande majorité ceux de films francophones, non seulement pour s'imprégner de leur atmosphère, mais aussi pour donner un avant-goût du film à venir. Les photos de ses reportages ont toujours été largement appréciées.
Jean-Michel a été également le secrétaire francophone de l'Union professionnelle belge de la presse cinématographique (UPCB-BBF), à l’époque où j'en étais moi-même le secrétaire néerlandophone. Ce fut un vrai plaisir de le côtoyer et de travailler avec lui pendant ces quelques années. Il se montrait toujours attentif et disponible. A la même époque, Jean-Michel collaborait avec Eric Devos au CCAC (Centre Culturel et d’Animation Cinématographique) de la chaussée de Haecht, organisation dont l’histoire fut très riche, où il officia jusqu’à ce que les subsides viennent à manquer. Il semblait inévitable qu’un tel cinéphile et amoureux de la vie trouve refuge à Cinergie, dont il fut l’une des forces motrices et dont il était devenu le plus ancien rédacteur.
La dernière fois que nous nous sommes croisés, avec un simple acquiescement mutuel en guise de bonjour, c’était en 2014 à la vision de presse de
Deux Jours, une Nuit, des Frères Dardenne, quelques mois seulement avant sa disparition. Jean-Michel n'avait pas manqué d’exprimer son enthousiasme envers le film et le thème abordé : la solidarité. Cet engagement des frères liégeois, c’était tout lui !

Freddy Sartor
Traduction du texte par Grégory Cavinato et publié dans Filmmagie

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