Petit précis de décomposition psychique, ou l’art de la subversion
Comme les rêves qui s’éclairent souvent quand on les prend au pied de la lettre, le premier long métrage d’Ursula Meier, Home, se tisse tout entier autour d’une métaphore, prise au sens propre du terme : « Qu’une famille est étouffante ». Et le film, drôle, tendre et subversif, de dévider l’image jusqu’en ses plus extrêmes limites.

Dans ce joyeux bordel maintenu à l’écart par la route déserte, en dehors des sentiers battus, où la piscine en plastique et le barbecue trônent sur le macadam et où les doubles voies servent de piste de hockey ou de rollers, tout est mise en partage. Ou presque. Car ça résiste un peu, quand même, là parce qu’une jeune fille refuse de se mettre en maillot de bain. Ici, parce qu’une autre est toujours à demi nue et qu’elle écoute la musique si fort qu’elle n’entend rien. Le troisième, plus petit,caressé, balloté et tiré par les uns et les autres n’a pour le moment pas de questions. Chacun ses défenses donc, comme il peut.









