En repérage pour son prochain long métrage, Les Larmes d’argent, Mourad Boucif (à qui l’on doit Au-delà de Gibraltar, un long métrage de fiction co-réalisé avec Taylan Barman) découvre et filme des anciens combattants ayant participé à la seconde guerre mondiale dans les rangs de l’armée française. D’emblée, le réalisateur nous montre les gros plans d’anciens combattants africains, le visage ravagé par le temps. Certains d’entre eux sont regroupés dans les foyers Sonacotra des blocs d’habitations aux conditions sanitaires douteuses, en France, afin de toucher le minimum vieillesse (30 à 40 % de ce que touchent les anciens combattants…
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I.A.D. 2005-2006
Un DVD, treize films, cinq fictions, sept docus, un clip, deux canaris, une chèvre, et surtout... beaucoup d'espoirs. Cette année encore, l'IAD, l'Institut des Arts de Diffusion de Louvain-la-Neuve nous a fait parvenir une sélection de courts réalisés par une poignée de cinéastes en herbe de dernière année. Notre sélection...
Ange, de Nikolas List, 16'40''
Un fabricant de poupées solitaire et dérangé du bulbe est fasciné par un ange tombé du ciel, exhibé comme phénomène par un odieux montreur de foire. Il va kidnapper l'ange au troublant visage de jeune fille et en faire "sa chose"...De toute la sélection,…
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Des héros hors des sentiers de la gloire
Un film d'action épique primé à Cannes qui dévoille un pan occulté de la Seconde guerre mondiale : la participation des tirailleurs d'Afrique du Nord à la libération de l'Italie et de la France.En mai dernier, quand les acteurs d’Indigènes, récompensés par un prix collectif d’interprétation au Festival de Cannes, entonnèrent sur la scène du Grand Théâtre Lumière et sous l’œil des caméras C'est nous les Africains, l’hymne des soldats des colonies françaises, le cinéaste Rachid Bouchareb pouvait s’estimer très fier de ses troupes menées à…
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Avec le temps
À la fin des années cinquante, alors que l’exposition universelle de 58 se termine, un groupe d’architectes conçoit ce que va devenir la Cité administrative à Bruxelles. Commandé par l’État belge, cet hymne à la Belgique unie s’inscrit dans une volonté politique de réunir, dans un lieu stratégique de la capitale, les différents services de la fonction publique. Il va regrouper plus de 6.000 fonctionnaires, venant des quatre coins du pays et qui vont faire vivre cet ensemble architectural au gré des heurs et malheurs de la difficile unité nationale. Véritable « univers » au cœur de la ville, la Cité administrative peut…
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Gilles Remiche réalise son premier documentaire. Un film produit par Les Films de la Passerelle (Le Cas Pinochet, Carnet de tournage…), sélectionné au Festival du film francophone de Namur, et qui fera sans aucun doute grand bruit. Une plongée avec des mégalomanes au pays de toutes les misères.
Gilles Remiche vient poser sa caméra à Kinshasa auprès des marchands de miracles, les prédicateurs religieux qui promettent la richesse et la guérison par la prière. D’emblée, le réalisateur nous averti en nous rappelant qu’à Kinshasa, l’espérance de vie est de 42 ans, qu’une majeure partie de la population est illettrée et que la…
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Rwanda, à travers nous l’humanité.
Ou les implications de la vie après le génocide.
Marie-France Collard est une cinéaste autodidacte qui écrit pour le théâtre et la télévision depuis une vingtaine d’années. Elle réalise ici son troisième documentaire, Rwanda, à travers nous l’humanité, avec pour sous-titre : "À propos d’une tentative de réparation symbolique envers les morts, à l’usage des vivants". Ce film sobre et poignant fait le point sur l’héritage du génocide rwandais. Il sera programmé au festival "Filmer à tout prix" en novembre prochain.
Marie-France Collard revient…
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Foule sentimentale
Cinq ans après Thomas est amoureux, Pierre Paul Renders est à nouveau sous le feu des projecteurs. Son second long métrage, Comme tout le monde mélange comédie sentimentale et satire sociale autour de thèmes chers au réalisateur. Sur le ton guilleret d'une comédie faussement naïve, on y parle de la pression qu'exerce sur nous l'univers contemporain de la télé, de la pub, des sondages, pour nous réduire à un ensemble de statistiques mesurables et prévisibles. Et notre humanité dans tout cela ? Et les sentiments ? Et l'amour ? Quel respect de notre individualité dans un monde où les micro technologies permettent de nous…
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Du verbe mourir
Disons le d’emblée, une fois n’est pas coutume, La Position du lion couché, le dernier film documentaire de Mary Jiménez est un grand moment de cinéma dans ce qu’il a de plus vrai et de plus vital. Ce qui préside à l’aventure que nous propose Mary Jiménez tient dans l’élaboration d’un regard si présent, si apaisé de tout conflit, qu’il nous permet de voir, au-delà des apparences, ce qui, potentiellement nous lie à l’autre, et de saisir comment cet autre est déjà l’apprentissage de nous-mêmes.Expérience d’un lien qui naît comme il se noue, qui perdure alors que la mort le dénoue, l’acte…
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Le film réalisé par Joachim Lafosse a été choisi pour notre concours de jeunes critiques dont le lauréat se verra offrir un séjour de cinq jours au festival de Cannes.Je vous présente Joachim?
"Un tournage de film, ça ressemble exactement au trajet d’une diligence au Far West. D’abord on espère faire un beau voyage, et puis, très vite, on en vient à se demander si on arrivera à destination". On ignore si François Truffaut fut une référence pour Joachim Lafosse au moment de l'écriture de son deuxième long métrage, mais il semble que les inquiétudes ressenties par le cinéaste interprété par Truffaut dans La Nuit Américaine…
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Dimitri, un SDF qui fait la manche pour survivre avec Bruno, un copain, épargne l’argent reçu pour s’offrir une chambre, un logis. Fantasme, rêve ? Toujours est-il que les échéances pour obtenir cet eldorado se précisent et font redoubler d’efforts Dimitri dans sa quête pour la survie : passer l’hiver dans un chambre au chaud. La première partie du film dresse un portrait des dérives d’un SDF, en proie à la précarité, à l’angoisse d’un lendemain incertain. Ce premier fil rouge d’un fatum social (vécu comme tel par Bruno contrairement aux espérances de Dimitri) n’est qu’une trame sur lequel se joue une partie plus…
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Lucas Belvaux braque le cinéma belge
Devenu un réalisateur incontournable avec sa trilogie Un Couple épatant, Cavale et Après la vie, Lucas Belvaux, qui a débuté comme acteur, notamment chez Chabrol, n’avait encore jamais filmé son pays natal. Son retour en Belgique lui a ouvert les portes du Festival de Cannes qui, s’il ne lui a pas décerné de prix, lui offre une rampe de lancement en or sur laquelle parient les distributeurs français du film, qui le sortent en ce début d’été.
Mercredi 24 mai, vingt-deux heures, grand théâtre Lumière, au cœur du célèbre Palais des Festivals. Le réalisateur-auteur-interprète…
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Le temps qu’une boisson pétillante orangée refroidisse, Xavier Diskeuve, trop cool dans ses tongs namuroises, papote sur fond de gazouillis de canari à propos de Révolution. Récompensé du prix de la Communauté française au festival du court de Bruxelles et du prix Cinécourts au Court en dit long (Paris), son dernier film combine effets visuels, notes burlesques et comédiens coutumiers à sa filmographie.
C’est l’histoire d’un type banal nommé Jean-Louis Ficheroulle qui mène une vie vraiment très tranquille entre son couple, ses certitudes, sa maniaquerie, ses horaires, ses tartines et son travail d’encodeur. Un beau jour, des émotions surgissent :…
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Après plusieurs courts métrages remarqués (dont le diptyque Noël au Balcon, Pâques au Tison), Martine Doyen réalise son premier long métrage, Komma, sélectionné au Festival de Cannes dans la section parallèle de la Semaine de la Critique. Au casting, la gueule désenchantée et tendre d'Arno, son premier rôle principal au cinéma, qui donne le ton à ce premier long métrage, à la fois rêche et tendre.
Aux premières images du film, Peter de Wit s'extrait d'un sac plastique mortuaire, revenant d'une crise cardiaque, d'un coma éthylique, d'autre chose peut-être, mais de trop loin…
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Nous avons demandé à Victor-Emmanuel Boinem, lauréat de notre concours de jeunes critiques, de nous donner son avis sur Dikkenek. Une précision, Olivier Van Hoofstadt n'est pas un autodidacte. Il a commencé, d'après nos souces, des études cinématographiques à l'IAD qu'il a terminé dans la section ELICIT (ULB).
Armé de sa cinéphilie dévorante, de son autodidactisme averti, de sa passion et de sa persuasion à toutes épreuves, le jeune Olivier Van Hoofstadt continue de tracer son sillon en marge certaine du paysage cinématographique belge.
Et la vision de Dikkenek est autant un pavé dans la mare qu'une réjouissance : si fraîcheur…
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On est dans une salle de cinéma. Sur l’écran, une pub pour un film : Marie-Madeleine aurait un enfant de Jésus. C’est fou l’amour au cinéma ! À côté de moi, un blaireau aux cheveux blonds filasse qui lui mange le cou n’a pas éteint son portable. Si cela se contentait de vibrer, mais non, ça entonne les Quattro Stagioni de Vivaldi au baryton. Le mec sort l’engin et se met à parler avec une fille (j’imagine) d’une fête d’anniversaire : "Géant !". Son voisin, un stoeffer moustachu aux cheveux plaqués par le gel lui hurle : "Arrête ça, ducon !" Blondin : "Nada, c’est rien, c’est le voisin qui déconne".…
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