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Beethoven est sourd. Il compose ses derniers quatuors. Il est en train de mourir. Ses proches, des hommes pour la plupart, communiquent avec lui au jour le jour, par petites notes écrites dans des cahiers. Rien que de très banal. Ces cahiers, Ana Torfs les a lus et relus pour en extraire ce qui va devenir la matière de son film. Car derrière la banalité de ces conversations dont nous ne connaissons qu'un interlocuteur, celui qui écrit, Ana Torfs devine des histoires qui charrient des émotions fortes, essentielles, des histoires de passion, de création, de mort.
Pour révéler cette part cachée des cahiers, elle construit son film autour de l'absence de celui qui est sourd, qui meurt et disparaît.
Elle…
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Après la sortie des Chemins de l'autonomie en 1992, vidéo de 25', suivie de Au fil des relations, 1994, 45' et de Corps, accords, désaccords, 1996, 40', le Centre Vidéo de Bruxelles asbl, le Fraje asbl (centre de Formation et de Recherche dans les milieux d'Accueil du Jeune Enfant), Question Santé asbl et Respect asbl viennent de sortir leur quatrième production Y'a pas honte, une vidéo de 70'.
La première réalisation, les Chemins de l'autonomie, montre des futurs parents, pour la plupart, qui témoignent des changements que provoque au sein de leur couple la venue d'un enfant. Quant au deuxième film, Au fil des relations, elle est consacrée aux adolescents et à…
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Rock and roll
Cinéaste, musicien et écrivain, François-Jacques Ossang naît en 1956 et passe sa jeunesse à Toulouse où très vite il devient un assidu de la cinémathèque. Dans le cadre du Festival International du Film Fantastique, le Cinéma Nova présentait une rétrospective des films du réalisateur français F.J. Ossang. Au fil des projections, il découvre les réalistes allemands, les films russes révolutionnaires ainsi qu'une grande quantité de films de la Nouvelle Vague. Il décide en 1976 de fonder Cee, une revue littéraire vouée à l'expression des formes les plus extrêmes de l'écriture contemporaine.
En 1980…
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Passions et maléfices
Il était une fois, dans une forêt qui pourrait être Brocéliande, un village fruste mais heureux. L'enchanteur n'est-il pas là pour le protéger des forces sombres qui l'environnent ?
Dans cet univers, deux jeunes gens vont s'aimer d'un pur amour. Hélas, ils oublient que vient régulièrement l'heure du démon. Jaloux des hommes, il ravage le village et enlève la jeune fille. Son soupirant, pour la récupérer, n'aura plus qu'à plonger à sa suite dans les affres de l'enfer.
Il est plus proche de Jabberwocky que d'Excalibur le monde médiéval vu par Eric Figon. Plus proche de nous aussi sans doute, le fantastique…
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Ecolo
L'Homme à l'écharpe jaune a fait sienne la morale du Candide de Voltaire. Dans sa maison, les pieds dans l'eau, il cultive ses salades et vit heureux avec pour amis les poissons et cétacés du grand océan. Hélas, le bord de mer n'est plus un refuge pour les poètes quand arrivent les rois du béton et leurs visions mégalos. Etouffé, mis en réserve puis rejeté de son rivage, il ne reste plus à l'homme à l'écharpe jaune qu'à s'enfuir, sur le dos de son ami le grand poisson, jusqu'au pays du rêve "le seul où personne n'est interdit de séjour".
On ne présente plus cette valeur sûre du dessin…
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Politic-Fiction
Georges Sluizer, le réalisateur de Sporloos , de son remake américain Vanishing, de Dark Blood et de Crimetime, nous a proposé en avant première mondiale son tout dernier long métrage The Commissioner. Le réalisateur hollandais, qui compte plusieurs succès à son actif dont une expérience hollywoodienne tout à fait concluante, était l'homme de la situation pour cette grosse coproduction européenne. A noter que c'est la société belge Saga Films qui participe à cette production aux cotés de l'Allemagne et de l'Angleterre. Tiré d'un roman sur les magouilles financières du fonctionnement politique interne de la CEE, le scénario…
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Les Demoiselles de Rochefort
Un gentil petit bistrot inondé de soleil et aux couleurs de sirop Tesseire. Clients et serveurs débordent de joie, de tendresse et d'amour les uns pour les autres. Soudain, une jeune femme entre. Elle est déprimée et morose et brusquement, le temps se couvre, les humeurs changent, la dispute couve, puis gronde.
On est un peu décontenancé en abordant Anouk et les autres : décors, dialogues, lumières, costumes, maquillage, tout est parfaitement agencé et coordonné mais parait tellement artificiel, tellement caricatural. La mièvrerie poussée à l'extrême irrite d'abord, puis intrigue.
Mais tout cela n'est bien sûr qu'apparence pour…
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On achève bien les chevaux
Tenants d'une animation iconoclaste, Vincent Patar et Stéphane Aubier nous ont habitués avec le temps à leur univers impitoyable mais néanmoins mâtiné d'un solide bon sens ardennais.
Par l'absurde, ils passent à la moulinette l'imagerie traditionnelle de notre plat pays, Tout cela est très potache, joyeusement irrespectueux avec des pulsions dévastatrices un peu adolescentes, mais leurs contes animés sont d'une vitalité tellement désarmante que le spectateur ne peut que se prendre au jeu d'un rire réparateur. Aubier et Patar ont créé des personnages avec des dents pour mordre, et leur regard sur le monde - empreint d'une…
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100.000 polars au soleil
A l'arrière d'une camionnette, cinq hommes à la mine patibulaire attendent l'heure H pour passer à l'action et entreprendre le casse du siècle. Travail de professionnels soigneusement préparé ? Faudrait commencer par régler ses montres. Suivent neuf minutes trente de dialogue au hachoir au fil duquel cette apparente organisation va se désagréger comme un bloc de sable.
Sur cette donne minimaliste, Daniel Cooreman avec Les Professionnels entend faire du vrai cinéma, au tempo soigneusement cadencé, au découpage dynamique qui s'efforce de varier au maximum le classique champ-contrechamp auquel le parti pris du film et l'exiguïté du décor…
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Au hasard Balthazar
Une nouvelle pierre vient de s'ajouter à l'édifice du documentaire belge, cette tour de Babel qui n'en finit pas de se construire, tant grande est notre soif de légendes et de réalités, tant fertile est la terre en mentalités qui s'entrechoquent et temps que des cinéastes s'en porteront témoins pour en faire des films. Le documentaire de fiction, Divine Carcasse donc, nous fait observer de l'extérieur le destin d'une vieille Peugeot depuis le jour -pas le premier- où elle a posé ses roues sur terre.
Elle débarque d'un bateau dans le port de Cotonou, au Bénin, où son nouveau propriétaire, un coopérant français, l'attend…
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Le syndrome fourmi
Deux espèces vivantes ont aujourd'hui colonisé la terre : les hommes et les fourmis. Au-delà des similitudes apparentes (organisation sociale, rivalités claniques, guerres impitoyables, ...) les deux races sont totalement différentes.
Si l'homme a conscience de sa responsabilité sociale (de moins en moins, hélas !), il a aussi une appréhension aiguë de son individualité. Les fourmis, elles, semblent vouées corps et âme à la collectivité. De là cette fascination qu'elles ont de tout temps exercé sur les humains. De là aussi le secret de leur incroyable efficacité ? Voire, car le mondes des fourmis est réellement…
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Femmes, femme
La femme de ma vie, sujet éternel s'il en est dans nos sociétés à vocation monogame, est traitée avec bonheur (si j'ose dire) par Stéphane Vuillet. Mené au pas de charge, Le Sourire des femmes a un peps fou.
Caméra à l'épaule, on suit Etienne (avec des plans à moitié flous, des parties d'images surexposées comme si elles étaient brûlées par l'impatience du personnage à stabiliser une vie particulièrement chaotique), un jeune homme qui adore les femmes ou plutôt la femme (bien que Lacan affirme, avec un certain bon sens, que La femme n'existe pas), donc La femme, celle qui contient en elle au moins quatre-vingts ans…
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Les poings dans les poches
La flamme de la révolte est entretenue dans La Trajectoire oblique, film intéressant et agaçant de Dominique Lolhé. L'écran est divisé en deux comme au bon vieux temps de l'avant-garde warholienne.
D'un côté le monde et son spectacle télévisé en permanence : actualités, compétitions sportives, etc. De l'autre deux jeunes gens qui croient faire entendre leur voix dans le concert du monde en jouant les Bonnie and Clyde. Une jeune fille (la stupéfiante Raphaëlle Bruneau de Violette et Framboise) infantilisée par des parents aussi respectables qu'irresponsables rejoint le parcours d'un rejeton de la high society en rupture…
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Hard Target, cible émouvante
Iris d'or de cette 18ème compétition du court-métrage et le prix décerné par les critiques de l'Association professionnelle de la presse cinématographique de Belgique récompensent avec justesse Dear Jean-Claude, un film personnel, au scénario dense, au montage dynamique et aux images traitées de manière éminemment contemporaine (steadycam, recherche des perspectives, rythme syncopé, inserts de bouts de vidéos, d'images TV).
Outre ces qualités purement cinématographiques, Dear Jean-Claude fascine, non tant par le choix de son sujet, que par la manière dont il est abordé. Une vision originale et profondément humaine.…
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La chair de l'orchidée
Doucement de Jacques Decrop nous plonge dans l'intimité d'un couple : "Tu me fais confiance ?", dit-il. "C'est quoi ton truc, le sado-maso ? Vas-y, crache !" demande-t-elle.
- C'est une question d'amour.
- C'est quoi ? Ça fait mal ?
- Oui et non.
Et elle cède à une pratique que se garde de nous révéler le réalisateur (Fist fucking ? Sodomie ?) et que l'amour adoucit (de même que le beurre pour rester cinéphile).
Meurtrie, la fille se demande si son amant l'a possédée par sadisme ou par amour. Ce corps à corps qui devient un corps à coeur semble illustrer ces propos de La Fontaine :…
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